Politique

Modification du code électoral : L’opposition gabonaise rattrapée par son passé

Libreville, Jeudi 20 Juillet 2023 (Infos Gabon) – Elle ne se reconnait plus dans le mémorandum adressé le 22 mai 2022 au gouvernement sous la forme d’un plaidoyer en vue d’une réforme du système électoral national.

Mauvaise foi, simple oubli ou alors volonté délibérée de nuire ? Serait-on tenté de se poser cette question à la lumière des revendications et autres accusations portées par l’opposition gabonaise au Centre gabonais des élections (CGE). Le 14 juillet 2023, un groupe d’opposants constitués d’Alexandre Barro Chambrier, de Raymond Ndong Sima, François Obiang, Mike Joctane, Paulette Missamba et de plusieurs autres grandes figures avait pris d’assaut les locaux de la Cour constitutionnelle à l’effet de dénoncer la modification de certaines dispositions de l’article 77 de la loi 07/96 du 12 mars 1996, portant dispositions communes à toutes les élections politiques en République gabonaise. Cette loi avait été entérinée par le gouvernement au cours du Conseil des ministres du 12 juillet dernier.

Sauf que les contestataires semblent avoir au la mémoire courte en oubliant qu’ils ont adressé au gouvernement un mémorandum le 22 mai 2022 intitulé : « Plaidoyer des partis politiques de l’Opposition pour une réforme du système électoral national ». En page 6 de ce document, l’opposition réclame au niveau des bulletins de vote, la « suppression des enveloppes accolées ; l’introduction du bulletin unique en format A3 et inscription alphabétique ; le bulletin unique remis à chaque électeur doit être authentifié, et, au bas, par les deux vice-présidents. » Elle réclamait également d’« améliorer le cadre électoral gabonais et prévenir les risques de contestation et les violences qui les accompagnent ». Des propositions auxquelles le gouvernement a accédé.

La réplique du Centre gabonais des élections

Accusé de préparer le terrain au candidat de la Majorité au pouvoir, Ali Bongo Ondimba, pour une victoire éclatante le 26 août prochain, le Centre gabonais des élections (CGE) a donné sa version des faits. Au cours d’une conférence de presse donnée le 17 juillet dernier à Libreville, son président, Michel Stéphane Bonda, a tenu à édifier davantage l’opinion sur les modifications apportées à la loi électorale. Selon lui, « l’utilisation de l’enveloppe accolée, déjà complexe, génère trop de votes nuls et rallonge l’acte de vote et le temps du dépouillement ».

Et que « la partie poubelle de ladite enveloppe réservée aux bulletins des candidats que l’on n’a pas choisis « est étroite et ne peut contenir plus de 10 bulletins de vote ». « Pour l’organisation des élections générales d’août 2023, le Centre gabonais des élections a suggéré l’utilisation d’une enveloppe électorale ordinaire, avec pour seule ouverture, la partie vote, le reste des bulletins de vote non choisis sera placé dans le carton poubelle prévu dans l’isoloir », a poursuivi Michel Stéphane Bonda.

Quant à la représentation des candidats dans les bureaux de vote, le président du CGE se veut plus explicite. « L’épreuve des faits, l’exiguïté de la salle de vote occasionne un engorgement de celle-ci caractérisée par un nombre pléthorique de représentants de candidats ». L’organe en charge des élections a ainsi suggéré aux autorités que les listes ou les candidats en lice soient représentés dans le bureau de vote par trois électeurs désignés à parité par les partis ou groupement de partis politiques légalement reconnus par les différentes parties. Pour ce qui est de l’authentification des bulletins de vote, le CGE est pour qu’elle soit purement et simplement supprimée.

« Pour une économie du temps matériel et pour prévenir, d’une part, les mécontentements des électeurs nés de cette opération d’authentification des bulletins de vote, et d’autre part, les éventuelles manipulations susceptibles de conduire à l’annulation du vote des électeurs, nous avons préconisé la suppression de cette opération qui ralentit considérablement l’accès rapide des électeurs dans le bureau de vote. Par ailleurs, la complexité de l’organisation des élections générales entraînera indubitablement les conséquences sur les délais impartis par la loi, aux opérations de vote qui doivent s’effectuer de 7h00 à 18h00, si de nouvelles dispositions ne sont pas prises », a souligné Michel Stéphane Bonda.

FIN/INFOSGABON/SM/2023

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