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ONU : l’offensive de Macky Sall

Libreville, Vendredi 24 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Seul candidat africain à la succession d’António Guterres, l’ancien président sénégalais franchit une étape décisive dans une bataille où l’Afrique veut transformer sa légitimité en influence, même si le verdict appartiendra aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

La course à la direction de l’Organisation des Nations Unies (ONU) est désormais pleinement engagée. À New York, les six candidats au poste de secrétaire général se sont prêtés à l’exercice très attendu du débat organisé jeudi par l’Assemblée générale. Face à une institution confrontée à des conflits persistants, à une fragmentation géopolitique croissante et à une remise en cause de son efficacité, chacun a présenté sa vision de l’avenir de l’ONU.

Dans cette compétition hautement diplomatique, une candidature retient particulièrement l’attention du continent africain. Celle de l’ancien président sénégalais Macky Sall. Seul représentant de l’Afrique dans cette course, il porte désormais bien davantage qu’une ambition personnelle. Il incarne la volonté d’un continent de peser davantage dans la gouvernance mondiale, à un moment où les équilibres internationaux sont en pleine recomposition.

Une vision fondée sur la réforme et le dialogue

Devant les États membres, Macky Sall a défendu une conception volontariste de la fonction de secrétaire général. L’ancien chef de l’État sénégalais s’est présenté comme « un facilitateur du dialogue et un secrétaire général résolument engagé en faveur de l’action, de la réforme et du rétablissement de la confiance ».

À l’issue de son intervention, il a résumé les priorités qu’il entend porter s’il est choisi pour diriger l’organisation.

« J’ai partagé ma vision et mon ambition pour une ONU réformée et plus efficace, capable de mieux prendre en charge ses missions principales, la paix et la sécurité, les droits de l’homme et le développement. J’ai également indiqué comment mon expérience de vie publique nationale et d’interaction à l’échelle africaine et internationale pourrait aider à relever les défis majeurs de notre temps, si les États membres me font confiance », a déclaré Macky Sall.

Son discours s’inscrit dans une demande largement partagée par de nombreux États qui souhaitent voir l’ONU retrouver une plus grande capacité d’action dans la prévention des crises, la médiation politique et la mise en œuvre des objectifs de développement.

L’Afrique avance unie derrière son candidat

Au-delà du débat d’idées, la candidature de Macky Sall possède une dimension géopolitique majeure. En étant le seul candidat africain, il bénéficie d’un avantage politique important. Le Sénégal a officiellement porté sa candidature et celle-ci s’inscrit dans une dynamique continentale où l’Union africaine défend depuis plusieurs années un renforcement de la représentation africaine au sein des principales institutions internationales.

Cette unité africaine pourrait constituer un levier diplomatique significatif. Avec cinquante-quatre États membres aux Nations Unies, l’Afrique représente l’un des plus importants blocs de vote de l’Assemblée générale. Même si ces voix ne suffisent pas à elles seules à désigner le futur secrétaire général, elles confèrent au candidat africain une légitimité politique non négligeable dans les consultations internationales.

La candidature de Macky Sall intervient également dans un contexte où les revendications africaines en faveur d’une réforme de la gouvernance mondiale se multiplient. De la réforme du Conseil de sécurité aux nouvelles règles du financement du développement, le continent réclame une place plus conforme à son poids démographique, économique et stratégique.

Le véritable arbitre reste le Conseil de sécurité

Mais la bataille décisive ne se jouera pas uniquement devant l’Assemblée générale. Comme le prévoit la Charte des Nations Unies, le futur secrétaire général sera d’abord recommandé par le Conseil de sécurité avant d’être officiellement nommé par l’Assemblée.

Autrement dit, l’étape déterminante demeure les consultations entre les quinze membres du Conseil, et plus particulièrement entre ses cinq membres permanents disposant du droit de veto, les États-Unis, la Chine, la Russie, la France et le Royaume-Uni.

L’histoire récente montre que les candidatures les plus solides peuvent être écartées si elles ne parviennent pas à obtenir un consensus entre ces cinq grandes puissances. Au-delà des compétences individuelles, le choix du secrétaire général reflète toujours les grands équilibres diplomatiques du moment et les rapports de force internationaux.

Pour Macky Sall, le défi consiste donc à transformer son soutien africain en une candidature capable de rassurer l’ensemble des grandes puissances, malgré leurs divergences sur les principaux dossiers internationaux.

Une candidature qui dépasse une ambition personnelle

Quelle que soit l’issue du processus, la présence de Macky Sall parmi les candidats constitue déjà un signal politique important. Elle rappelle que l’Afrique ne souhaite plus être seulement un terrain d’intervention des grandes puissances, mais également un acteur de premier plan dans la définition des règles qui gouvernent le monde.

L’ancien président sénégalais entre désormais dans la phase la plus délicate de sa campagne diplomatique. Son expérience nationale, son engagement continental et sa connaissance des grands enjeux internationaux constituent des atouts reconnus. Toutefois, la décision finale ne dépendra pas uniquement de la qualité de son projet.

Dans cette élection sans équivalent, où la diplomatie l’emporte souvent sur les déclarations publiques, le dernier mot reviendra aux cinq membres permanents du Conseil de sécurité. C’est là, dans les négociations les plus discrètes de la scène internationale, que se jouera véritablement l’avenir de la candidature africaine à la tête des Nations Unies.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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