Economie

Poulets de chair : le Gabon prépare sa souveraineté avicole

Libreville, Mardi 26 Août 2025 (Infos Gabon) – Le Gabon s’attaque à une dépendance alimentaire devenue insoutenable. Avec près de 55 000 tonnes de poulets de chair importées chaque année, pour une production locale qui ne dépasse pas 4 000 tonnes, la filière avicole illustre à elle seule le déséquilibre de la balance commerciale.

C’est dans ce contexte que le gouvernement organise, les 25 et 26 août, un forum national sur la filière avicole, en prélude à l’interdiction des importations de poulets de chair prévue pour le 1er janvier 2027. Une échéance qui s’annonce comme un test de souveraineté alimentaire et de réindustrialisation.

Un marché dominé par les importations

Selon les données du ministère de l’Agriculture, les importations absorbent plus de 90 % de la demande nationale, principalement en provenance du Brésil et d’Europe. Cette dépendance pèse lourdement sur la balance commerciale et prive le pays d’un secteur créateur d’emplois.

« Chaque conteneur de poulets importés, c’est une usine qui ne s’ouvre pas au Gabon et des milliers d’emplois qui échappent aux jeunes », a martelé le Vice-Président du gouvernement, Alexandre Barro Chambrier, lors de l’ouverture des travaux.

Un pari industriel et agricole

Pour combler ce déficit, l’exécutif mise sur une stratégie d’investissements massifs, notamment la construction d’unités d’élevage et d’abattage, l’encadrement technique et fiscal des producteurs, la facilitation de l’accès au foncier et développement d’une filière locale d’alimentation animale.

Le ministre de l’Agriculture, Odette Polo, a insisté sur la nécessité d’une approche intégrée, tirant les leçons des échecs du passé : « Nous ne pouvons plus dépendre des importations pour nourrir nos populations. La filière avicole doit devenir un pilier de la diversification économique. »

Une opportunité de marché

À l’horizon 2027, le marché gabonais représente un potentiel de plus de 60 000 tonnes par an, soit une manne estimée à plus de 60 milliards FCFA. Un appel d’air pour les investisseurs privés, nationaux comme étrangers, que le gouvernement entend séduire grâce à des incitations fiscales et à un meilleur accompagnement.

Un défi de compétitivité

Mais la réussite du pari dépendra de la capacité à réduire les coûts de production et à améliorer la qualité. Les producteurs locaux font face à des contraintes persistantes : prix élevés des intrants, manque d’infrastructures modernes et difficultés d’accès au financement bancaire.

Le forum dont les travaux se poursuivent ce mardi, doit donc aboutir à une feuille de route opérationnelle, avec des objectifs chiffrés, des financements sécurisés et un mécanisme de suivi pour garantir la montée en puissance progressive de la production nationale.

2027, l’année de vérité

Au-delà de l’interdiction annoncée, la réforme avicole est perçue comme un symbole de la volonté du président Brice Clotaire Oligui Nguema de bâtir une économie plus souveraine, moins dépendante des importations alimentaires.

Si le pari est réussi, le Gabon pourrait transformer une faiblesse structurelle en levier de croissance et faire de la filière avicole un modèle de substitution aux importations. Dans le cas contraire, le risque est grand de voir ressurgir la pénurie et la flambée des prix.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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