Présidentielle 2025 au Cameroun : Paul Biya, le silence qui électrise la nation
Libreville, Samedi 12 Juillet 2025 (Infos Gabon) – À dix jours de la clôture des déclarations de candidature pour l’élection présidentielle du 12 octobre prochain, le Cameroun retient son souffle.
Le silence du président Paul Biya, figure dominante de la scène politique depuis plus de quatre décennies, alimente toutes les spéculations.
L’homme du Renouveau, âgé de 92 ans, n’a toujours pas levé le voile sur ses intentions, laissant place à une incertitude qui traverse aussi bien l’opinion publique que les cercles du pouvoir.
Au sein du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC), les signes de tension et de division sont de plus en plus visibles. Des clans s’affichent, des ambitions s’aiguisent, et l’unité de façade semble vaciller sous le poids de la succession non assumée.
L’absence de cap clair, à dix jours du délai légal, fragilise davantage un parti longtemps habitué à fonctionner autour de la seule figure de Biya.
Dans les rues comme sur les plateaux de télévision, la même question revient en boucle : « Paul Biya sera-t-il candidat ? » La réponse, pour l’instant, reste suspendue à un silence stratégique ou à une hésitation révélatrice.
Ce mutisme, qui entretient le flou, pourrait être perçu comme un calcul politique, une manière de garder la main sur un jeu où chaque mouvement compte.
Mais il pourrait aussi traduire une incertitude réelle face à l’usure du pouvoir, aux défis économiques et sécuritaires du pays, et à la montée des aspirations au changement, notamment parmi la jeunesse.
Pour l’opinion camerounaise, cette incertitude est doublement pesante. D’une part, elle freine la lisibilité du paysage électoral, empêchant un débat démocratique ouvert et éclairé.
D’autre part, elle renforce le sentiment d’un système verrouillé, où le destin de toute une nation semble suspendu à la décision d’un seul homme.
Quel que soit le choix que fera Paul Biya dans les jours à venir, il marquera un tournant historique. Une candidature ouvrirait un nouveau cycle de contestations et de débats sur la longévité au pouvoir. Une non-candidature, en revanche, poserait avec acuité la question de l’alternance et de l’héritage politique dans un pays en quête de souffle nouveau.
En attendant, les Camerounais croisent les doigts, entre espoir, inquiétude et lassitude. Le compte à rebours est lancé, et avec lui, la promesse, ou la menace, d’un basculement politique majeur.
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