Economie

Prospector 5 : Le Gabon élargit les recherches au Congo

Libreville, Lundi 26 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Cinq travailleurs restent portés disparus après le naufrage de la plateforme Prospector 5 au large de Mayumba. Face à l’urgence, Libreville mobilise ses forces de défense, sollicite la Marine congolaise et déploie des moyens aériens et sous-marins. Le gouvernement confirme que les 110 rescapés seront pris en charge à Port-Gentil, tandis que l’enquête devra établir les circonstances d’un accident qui interpelle toute l’industrie offshore.

Le Gabon intensifie les recherches, mais refuse de transformer les informations non confirmées en certitudes. Dimanche 25 octobre 2026, le porte-parole du gouvernement, Emmanuel Eyeghe Nze, a précisé que les cinq personnes disparues après le naufrage de la plateforme Prospector 5 demeuraient introuvables. Contrairement aux informations ayant circulé sur le sauvetage de trois travailleurs supplémentaires, aucune récupération de ces disparus n’était confirmée dans le dernier bilan officiel communiqué.

Le drame s’est produit samedi 24 octobre, vers 21h40, sur le permis Dussafu Marin, au large de Mayumba. La plateforme auto-élévatrice, opérée par Borr Drilling pour le compte de BW Energy Gabon, s’est inclinée avant de sombrer pendant des opérations de préchargement destinées à préparer une campagne de forage près de l’installation de production Mabomo.

Sur les 115 personnes présentes à bord, 110 ont été secourues. Les cinq disparus sont désormais identifiés. Il s’agit de trois ressortissants gabonais, Robert Moussavou, Adio Akinodjo Richalde et Yan Ulrich Nkourouna, ainsi que de deux travailleurs étrangers, Agité Chimald Retiendra, de nationalité indienne, et Yamina Barta, de nationalité croate. Cette identification donne une dimension humaine et internationale à une opération qui mobilise désormais plusieurs administrations et deux États.

Une recherche qui dépasse les frontières maritimes

La réponse gouvernementale s’organise sur plusieurs niveaux. Sur instruction du président Brice Clotaire Oligui Nguema, une cellule de crise a été activée au ministère du Pétrole et du Gaz. Le commandement opérationnel des recherches a été confié au commandant en chef de la Marine nationale, chargé de coordonner les moyens de secours.

Deux cellules territoriales complètent ce dispositif, l’une à Mayumba, sous la responsabilité du gouverneur de la Nyanga, l’autre à Port-Gentil, sous celle du gouverneur de l’Ogooué-Maritime. Cette organisation vise à centraliser les informations, coordonner les interventions et préparer l’accueil des rescapés.

La dimension régionale constitue l’un des développements majeurs de cette mobilisation. Le président gabonais a sollicité son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso, afin d’obtenir un renfort de la Marine nationale de la République du Congo. Les autorités congolaises ont répondu favorablement, avec une participation destinée à étendre les recherches aux eaux voisines.

Cette coopération repose sur une réalité maritime déterminante. Les courants et les vents peuvent déplacer les personnes recherchées au-delà de la zone initiale de l’accident. Élargir le périmètre d’intervention permet donc de multiplier les possibilités de localisation, alors que le temps constitue un facteur critique pour la survie des disparus.

Les moyens engagés comprennent des hélicoptères, dont deux ont été mobilisés dès la nuit du naufrage et un troisième déployé dimanche matin. Les survols se poursuivent parallèlement aux recherches en mer. Des équipements sous-marins téléopérés, les ROV, doivent également permettre d’explorer les profondeurs et d’inspecter la plateforme immergée.

Les rescapés attendus à Port-Gentil

Les 110 personnes secourues sont acheminées vers Port-Gentil à bord de deux navires, avec une arrivée prévue lundi 26 octobre. Le gouvernement annonce une prise en charge médicale et psychologique dès leur débarquement. Une équipe renforcée de professionnels doit également intervenir pour accompagner les survivants.

Les familles des disparus ont été contactées par les autorités. Le gouvernement affirme maintenir un dialogue régulier avec elles et leur réserver la priorité dans la transmission des informations. Les représentations diplomatiques des deux travailleurs étrangers ont également été saisies.

Cette dimension humanitaire est essentielle. Le bilan ne se résume pas à un nombre de personnes sauvées ou recherchées. Il engage la responsabilité des autorités dans l’accompagnement des victimes, la fiabilité des informations communiquées et la protection des proches confrontés à une attente insoutenable.

Sur le plan environnemental, le ministère indique qu’aucun rejet de substance nocive n’a été constaté à ce stade. La zone reste sous surveillance continue et les moyens de lutte contre la pollution sont maintenus afin de protéger le littoral et le parc national de Mayumba. La plateforme n’était pas en production au moment de l’accident, mais cette circonstance ne dispense pas les autorités de suivre les éventuels effets de son immersion.

La vérité sur le naufrage reste à établir

Le ministère du Pétrole et du Gaz a ordonné une enquête technique pour déterminer les circonstances exactes de l’accident et établir les responsabilités. Borr Drilling et BW Energy sont tenues de coopérer pleinement avec les investigations. Le gouvernement promet que les conclusions seront rendues publiques et que l’opinion nationale et internationale sera régulièrement informée, a expliqué pour sa part Clotaire Kondja, ministre du pétrole et du gaz.

L’enquête devra notamment éclairer les conditions dans lesquelles la plateforme s’est inclinée puis a sombré pendant les opérations de préchargement. À ce stade, aucune cause définitive ne peut être avancée. La priorité reste la recherche des disparus, sans que l’examen des responsabilités soit abandonné.

Le naufrage révèle aussi les exigences particulières de l’exploitation offshore. Les opérations de forage mobilisent des équipements lourds, des équipes nombreuses et des procédures techniques dont la maîtrise conditionne directement la sécurité humaine. Pour un pays dont les ressources maritimes représentent un enjeu économique stratégique, la prévention des accidents doit être aussi importante que la production.

Le Gabon et le Congo poursuivent désormais une recherche commune pour retrouver cinq travailleurs. Mais au-delà du secours immédiat, le pays devra faire de la transparence de l’enquête et du renforcement des règles de sécurité une obligation durable. La mer ne doit pas devenir le lieu où les responsabilités se diluent après les catastrophes.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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