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Retour à la case départ : le coup de griffe de Raymond Ndong Sima

Libreville, Dimanche 28 Septembre 2025 (Infos Gabon) – L’ancien Premier ministre du Gabon, Raymond Ndong Sima, n’a pas mâché ses mots. Dans une tribune au vitriol, il dresse un constat amer : « retour à la case départ ».

Pour lui, la transition ouverte le 30 août 2023, qui devait corriger les errements du passé et ouvrir une nouvelle ère politique, n’a finalement pas tenu ses promesses.

Pointant du doigt les dysfonctionnements dans l’organisation des législatives et locales, notamment la composition contestée des bureaux de vote, la gestion opaque des procurations, l’absence de scrutateurs pour certains partis, les électeurs “transhumants” convoyés en bus, et les listes électorales toujours entachées de noms de personnes décédées, l’ancien chef du gouvernement conclut que le pays n’a « pas changé de logiciel ». À ses yeux, le système honni d’hier continue à dicter ses règles.

Dans un style qui lui est coutumier, Ndong Sima résume son amertume par une formule frappante : « une victoire construite sur du mensonge est une victoire qui ne présage rien de bon. » Un avertissement qui sonne comme une alerte : loin d’ouvrir une ère de confiance démocratique, ces élections risqueraient plutôt de prolonger les travers du passé.

Au-delà du fond, la charge se veut aussi un signal adressé à l’opinion et aux organisateurs du scrutin. Car si la rhétorique est grave, elle n’est pas dénuée d’une pointe de satire. En évoquant des « bus entiers d’électeurs-mercenaires » ou des « cartes confiées à des bureaux qui échappent à tout contrôle », l’ancien Premier ministre suggère, non sans ironie, que certains bureaux de vote ressembleraient davantage à des gares routières qu’à des temples de la démocratie.

Et l’on pourrait presque sourire, à l’idée que, dans ce jeu d’ombres électorales, les morts votent encore plus assidûment que les vivants. Les organisateurs, eux, semblent avoir réinventé l’art de la résurrection électorale, un talent qui ferait pâlir les illusionnistes de Las Vegas.

Derrière la satire, le message reste limpide : selon Raymond Ndong Sima, la transition politique gabonaise dont il a été Premier ministre, censée incarner la rupture, risque de s’achever comme elle avait commencé, sous le sceau du soupçon. Un avertissement qui, s’il prête à sourire par la forme, souligne en réalité l’opposition ferme d’un acteur politique aguerri aux pratiques qu’il croyait révolues.

FIN/INFOSGABON/SO/2025

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