Economie

Routes au Gabon : Entre retards de paiement et impératif d’accélération des chantiers

Libreville, Jeudi 29 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Le gouvernement gabonais entend resserrer le suivi des grands projets routiers, alors que l’avancement des travaux reste étroitement lié aux contraintes financières et au respect des calendriers.

Millot Lambert Mouvinde, Ministre des Travaux Publics et de la Construction, a reçu successivement mercredi les responsables des entreprises CITP, COVEC, SINOHYDRO et PORTEO afin d’évaluer l’état d’exécution des chantiers engagés sur le territoire national. Au cœur des échanges, la situation physique et financière des projets, les difficultés rencontrées par les entreprises et la nécessité d’accélérer la livraison des infrastructures attendues par les populations.

Les discussions ont notamment mis en lumière les arriérés de paiement signalés par deux opérateurs. Selon les éléments communiqués à l’issue des audiences, COVEC fait état de reliquats de 9 milliards de francs CFA liés à plusieurs axes routiers, tandis que SINOHYDRO attendrait le règlement d’environ 9 milliards de francs CFA correspondant à des travaux exécutés. Ces montants illustrent le poids des engagements financiers dans la conduite des projets. Ils soulèvent également une question centrale pour la politique d’aménagement du territoire, celle de la capacité à assurer une continuité entre les travaux réalisés, les paiements dus et la progression effective des chantiers.

Pour les entreprises, le règlement des sommes attendues peut conditionner la mobilisation des équipes, des matériaux et des équipements. Pour l’État, il s’agit de concilier la gestion des finances publiques avec la nécessité de maintenir le rythme des investissements. La rencontre n’a toutefois pas précisé les modalités ni le calendrier d’apurement de ces arriérés. Leur résolution constituera donc un élément important pour apprécier les suites concrètes données aux engagements évoqués.

Avec PORTEO, les échanges ont porté sur plusieurs projets structurants, dont l’axe Alémbé–Mikouyi. Les travaux d’enrobés y sont annoncés pour décembre 2026, une échéance qui devra être confirmée par l’évolution du chantier. Les projets de Ndjolé–Bifoun, de Franceville et du Littoral ont également été examinés, dans un contexte où l’amélioration du réseau routier représente un enjeu économique et social majeur.

Au Gabon, la qualité des routes conditionne en effet les déplacements des personnes, l’acheminement des marchandises et l’accès aux services essentiels. Les infrastructures peuvent contribuer à désenclaver certaines zones et à soutenir l’activité économique, à condition que leur réalisation s’accompagne d’une planification rigoureuse, d’un financement maîtrisé et d’un contrôle effectif de la qualité.

Sous l’impulsion du président Brice Clotaire Oligui Nguema, les autorités affichent leur volonté de renforcer le suivi des chantiers et de lever les obstacles à leur exécution. Mais l’efficacité de cette démarche se mesurera aux résultats observables sur le terrain, au respect des échéances annoncées et à la transparence dans la gestion des engagements financiers.

Au-delà des réunions avec les entreprises, l’enjeu est désormais de transformer les arbitrages en avancées concrètes. Pour les usagers, la priorité reste simple, disposer de routes praticables, sûres et durables. La crédibilité du programme routier dépendra autant de la capacité à régler les difficultés de financement que de celle à livrer des ouvrages conformes aux besoins du pays.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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