Gabon : le Sena brandit la menace d’une grève générale
Libreville, Dimanche 7 Septembre 2025 (Infos Gabon) – Recrutements gelés, carrières bloquées et débats sur les coefficients : les enseignants dénoncent l’inaction du gouvernement et déposent un préavis de grève.
À peine la rentrée scolaire amorcée, le spectre d’une grève plane déjà sur les établissements publics du pays. Le Syndicat de l’éducation nationale (Sena) a déposé, le 4 septembre, un préavis de grève de huit jours, à l’issue d’une assemblée générale tendue organisée la veille à son siège de la Peyrie. En toile de fond : le silence persistant du gouvernement face aux revendications des enseignants.
Des carrières figées depuis plus d’une décennie
Selon le secrétaire général intérimaire du Sena, Magloire Memiaga, les principales frustrations découlent du « gel des situations administratives » depuis plus de dix ans. Recrutements, intégrations, titularisations, avancements ou encore reclassements après stage restent bloqués, laissant des milliers d’enseignants dans une précarité durable.
« Nous ne pouvons pas continuer comme ça, avec des enseignants qui sont stagiaires depuis 8, 10 voire 15 ans », déplore-t-il.
À cette situation s’ajoute l’absence de nominations récentes dans l’administration scolaire. Plusieurs chefs d’établissement exercent encore malgré leur retraite ou un statut de stagiaire, ce qui, selon le syndicat, « freine le bon fonctionnement des lycées et collèges ».
Une contestation nourrie par la réforme des coefficients
Le malaise enseignant est renforcé par un autre sujet sensible : la réforme du système de coefficients. Depuis l’année dernière, toutes les matières sont affectées du même coefficient 1, qu’il s’agisse de disciplines fondamentales comme le français et les mathématiques, ou d’enseignements optionnels et pratiques.
Une mesure jugée injuste par les enseignants et certains parlementaires, qui dénoncent une absence de hiérarchisation en fonction de l’importance pédagogique et du volume horaire.
Cette uniformisation, décriée jusque dans les salles de classe, alimente le sentiment d’un système éducatif en perte de repères et accentue le fossé entre enseignants et tutelle.
Au ministère de l’éducation nationale, on explique cette réforme par la volonté de donner la chance de réussite à tous les élèves qui peuvent être forts dans tel domaine, et présenter des lacunes dans un autre. Pour eux, l’expérimentation des coéfficients a conduit à des résultats positifs.
Le gouvernement sous pression
Face à ce climat de crispation, le silence du ministère de l’Éducation nationale apparaît de plus en plus intenable. À moins d’une réponse rapide et concrète, le mouvement pourrait déboucher sur une grève généralisée, interrompant le calendrier scolaire à peine entamé.
Pour le Sena, il s’agit moins d’une démonstration de force que d’un cri d’alerte : « Nos écoles ne peuvent plus avancer dans ces conditions. »
La Conasysed choisit une autre approche
Rénuis samedi 6 septembre à Libreville, les membres de la Convention nationale des syndicats de l’éducation nationale (Conasysed) ont échangé sur les conditions d’une année scolaire apaisée. Au centre de leurs préoccupations, la régularisation des situations administratives des enseignants, un dossier qui est resté longtemps fermé dans les tirroirs du ministère.
« Ce soir, nous avons demandé à rencontrer nos camarades afin de décider ensemble des conditions d’une année scolaire apaisée », a indiqué Alfred Désiré Engone, le délégué général adjoint de la Conasysed.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
Copyright Infos Gabon

















