Violences en milieu scolaire : le président Oligui Nguema exige la tolérance zéro
Libreville, Vendredi 31 Octobre 2025 (Infos Gabon) – Face à la recrudescence des violences en milieu scolaire, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, est sorti de sa réserve pour condamner avec la plus grande fermeté les dérives observées ces derniers jours dans plusieurs établissements du pays.
Dans une déclaration solennelle faite mercredi, le Chef de l’État a dénoncé ce qu’il a qualifié de « trop plein d’indiscipline et de violences inacceptables » dans les écoles gabonaises, appelant à une réaction rapide, ferme et coordonnée de toutes les autorités concernées.
Une série d’incidents choquants
Depuis plusieurs semaines, des vidéos d’agressions entre élèves circulent massivement sur les réseaux sociaux, suscitant l’indignation de l’opinion publique. Ces scènes d’une rare brutalité, survenues notamment dans des établissements de Libreville et de l’intérieur du pays, ont relancé le débat sur l’encadrement des jeunes, la discipline scolaire et le rôle des familles dans l’éducation.
La plus marquante de ces affaires reste celle du jeune Warren Loundou, élève de 15 ans, violemment agressé par des camarades dans un lycée de la capitale, et dont le sort a bouleversé toute une nation.
C’est dans ce contexte tendu que le président Oligui Nguema a pris la parole, traduisant la préoccupation croissante du gouvernement face à un phénomène devenu, selon lui, « un véritable fléau social ».
Un appel à l’ordre et à la responsabilité
« Trop de violences dans nos établissements scolaires, trop d’indiscipline ! », a martelé le Chef de l’État, avant d’ajouter : « En l’espace d’une semaine, nous avons été confrontés à des vidéos choquantes d’agressions, à des affrontements entre élèves… cela est tout simplement inacceptable. L’école doit redevenir un lieu de savoir, de respect et d’épanouissement, où chaque jeune peut apprendre en sécurité et dans la sérénité. »
Dans un ton ferme, Brice Clotaire Oligui Nguema a exhorté le ministre de l’Éducation nationale à prendre « immédiatement toutes les mesures nécessaires pour enrayer ce fléau avec la plus grande fermeté », exigeant des résultats concrets et rapides. Le président a fixé un cap clair : tolérance zéro pour les violences et rétablissement de la discipline dans tous les établissements du pays.
La justice en première ligne
S’adressant également aux autorités judiciaires, le Chef de l’État a demandé que les agresseurs soient systématiquement poursuivis et sanctionnés conformément à la loi. « La justice doit être un rempart contre l’impunité et un soutien ferme à l’autorité de l’école », a-t-il insisté, soulignant que la lutte contre les violences scolaires ne se limite pas aux murs des établissements, mais engage la responsabilité collective de l’État, des enseignants, des familles et des institutions.
Cette injonction présidentielle fait écho aux récentes mesures prises par la justice dans l’affaire Warren Loundou, marquée par l’incarcération de plusieurs jeunes impliqués dans l’agression de l’adolescent, ainsi que la suspension de la magistrate initialement chargée du dossier.
Un message d’autorité et de reconstruction morale
En prenant la parole sur ce sujet, le président Oligui Nguema entend réaffirmer l’autorité de l’État dans un secteur qu’il juge fondamental pour la stabilité nationale : l’éducation. Depuis son arrivée à la tête du pays, le Chef de l’État ne cesse de plaider pour une refondation morale et civique de la jeunesse gabonaise, qu’il considère comme la pierre angulaire du développement futur.
Le message est donc clair : il ne s’agit plus seulement de sanctionner, mais de restaurer les valeurs républicaines au cœur du système éducatif, le respect, la discipline, la responsabilité et la solidarité. Un chantier immense, que le président souhaite voir conduit avec détermination par le gouvernement, soutenu par l’ensemble des acteurs éducatifs et judiciaires.
Violences scolaires : les causes d’un fléau qui inquiète
Effritement de l’autorité parentale, influence toxique des réseaux sociaux, absence d’encadrement psychologique, promiscuité dans les établissements : les causes des violences scolaires au Gabon sont multiples et complexes.
D’après plusieurs spécialistes, les nouvelles formes de violences, souvent filmées et diffusées en ligne, relèvent d’un besoin de reconnaissance et d’imitation des comportements observés sur les plateformes numériques. L’école, lieu de savoir, devient alors un théâtre de défis viraux et de comportements mimétiques.
À cela s’ajoute une crise du dialogue entre les enseignants, les parents et les élèves, ainsi qu’un déficit de structures d’écoute capables de prévenir les tensions. Pour les éducateurs, la réponse ne peut être uniquement répressive : elle doit aussi être éducative et communautaire, reposant sur la sensibilisation, le suivi psychologique et la restauration du lien école-famille.
Mais la décision du Chef de l’État marque une inflexion claire : la République ne transigera plus avec la discipline scolaire. Un signal fort, qui pourrait amorcer un tournant dans la lutte contre la violence en milieu éducatif.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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