Gabon : six jeunes incarcérés à Libreville après le rebondissement judiciaire de l’affaire Warren Loundou
Libreville, Vendredi 31 Octobre 2025 (Infos Gabon) – Un nouveau tournant a été pris jeudi 30 octobre dans l’affaire tragique de Warren Aaron Pango Loundou, adolescent de 15 ans violemment agressé par des camarades de son établissement scolaire à Libreville.
Le nouveau juge en charge du dossier a ordonné l’incarcération de six des sept jeunes mis en cause, qui ont été placés sous mandat de dépôt à la maison d’arrêt de Libreville. Cette décision intervient après la suspension de la magistrate initialement chargée du dossier, une mesure exceptionnelle prise à la suite de plusieurs manquements relevés dans la conduite de l’instruction.
Une affaire qui secoue la justice et l’opinion publique
L’agression de Warren Loundou, élève du lycée René Descartes de Batterie 4, dans le 1er arrondissement de Libreville, avait provoqué une vive émotion à travers tout le pays. La violence des faits et la diffusion rapide des images sur les réseaux sociaux avaient déclenché une onde d’indignation, relançant le débat sur les dérives de la jeunesse, la responsabilité parentale et la montée des violences scolaires.
Alors que l’enquête semblait marquer le pas, le Tribunal de première instance de Libreville a décidé de suspendre la juge pour enfants en charge du dossier, Mme Leïla Charlène Ndondo Ngossa épouse Leyigui, estimant que la procédure avait connu de « graves irrégularités ».
Les manquements reprochés à la magistrate
Selon plusieurs sources judiciaires, la magistrate aurait notamment entretenu un échange direct avec un parent d’un des agresseurs présumés, sans la présence des représentants légaux de la victime, une entorse manifeste au principe du contradictoire. Elle est également accusée d’avoir ordonné la détention provisoire de deux mis en cause tout en renvoyant les autres auditions pour des raisons techniques, évoquant une coupure d’électricité.
Une justification jugée insuffisante par la hiérarchie judiciaire, puisque, comme l’a rappelé un cadre du Palais de justice, « la rédaction manuelle reste une option légale en cas d’indisponibilité du système informatique ».
Face à ces manquements, le Conseil supérieur de la magistrature a ordonné sa suspension temporaire de trois mois, dans l’attente des conclusions d’une enquête interne.
Un nouveau juge, une reprise rapide de l’enquête
Le dossier a aussitôt été confié à un nouveau juge d’instruction, qui a relancé la procédure sans délai. Les sept adolescents suspectés d’avoir participé à l’agression ont été auditionnés dans la journée du jeudi. À l’issue de ces auditions, six d’entre eux ont été placés en détention préventive, tandis qu’un seul a été laissé libre sous contrôle judiciaire, le temps que l’enquête détermine la part de responsabilité de chacun.
Cette décision judiciaire, perçue comme un signe de fermeté, a été saluée par une partie de l’opinion publique, qui réclamait une réponse exemplaire après plusieurs affaires de violences scolaires survenues ces derniers mois.
Un signal fort contre l’impunité
Pour de nombreux observateurs, ce rebondissement illustre la volonté des autorités judiciaires de restaurer la confiance des citoyens dans l’institution judiciaire et de démontrer que nul n’est au-dessus de la loi, quel que soit son statut social ou familial. « C’est un signal fort envoyé à la société : la justice veille, et les erreurs de procédure ne doivent jamais être un obstacle à la vérité », a commenté un avocat au barreau d Gabon.
L’enquête suit désormais son cours, sous la supervision du nouveau juge d’instruction. Les auditions des témoins et des responsables de l’établissement devraient se poursuivre dans les prochains jours. La Caisse des écoles et les services sociaux ont, de leur côté, entamé un suivi psychologique auprès de la famille de la victime.
Pour l’heure, le jeune Warren Loundou poursuit sa convalescence, tandis que l’opinion attend avec attention la suite judiciaire de cette affaire, devenue emblématique des défis éducatifs et moraux auxquels fait face la société gabonaise.
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