Gabon – Grève aux Eaux et Forêts : les agents dénoncent une crise de gouvernance et interpellent le chef de l’État
Libreville, lundi 29 décembre 2025 (Infos Gabon) – Le malaise social gagne le ministère des Eaux et Forêts. Réunis au sein du Synapef, les agents ont déclenché mercredi un mouvement de grève pour dénoncer des dysfonctionnements qu’ils jugent graves dans la gestion administrative, financière et matérielle de leur département.
Les agents du ministère des Eaux et Forêts, chargé du Conflit Homme-Faune, sont entrés en grève mercredi à l’appel du Syndicat national des agents des Eaux et Forêts (Synapef). La décision a été prise à l’issue d’une assemblée générale tenue dans l’enceinte même du ministère, marquant une montée d’un cran dans la contestation sociale.
Selon le Synapef, ce mouvement est l’aboutissement d’une procédure régulière, conforme aux dispositions du Code du travail. « Le Code du travail est clair. Après le dépôt du préavis et l’expiration des délais légaux, l’assemblée générale a décidé d’entrer en grève », a expliqué Guy Roger Pambou, président du syndicat.
Un mouvement encadré, avec respect du service minimum
Malgré le lancement officiel de la grève, les responsables syndicaux affirment vouloir éviter toute paralysie totale de l’administration. Le Synapef assure respecter le principe du service minimum, afin de maintenir les missions essentielles du ministère.
« Il y aura des heures de présence au poste et des heures de piquet de grève », précise Guy Roger Pambou. L’objectif, selon lui, n’est pas de bloquer le fonctionnement du service public, mais d’exercer une pression suffisante pour contraindre la hiérarchie à renouer avec un dialogue social jugé rompu.
Des revendications financières et budgétaires au cœur du conflit
Au centre des revendications figurent d’abord des questions financières. Les agents réclament le paiement d’arriérés de salaires, mais dénoncent également la réduction jugée injustifiée de l’enveloppe budgétaire liée à l’arrêté 43.
Initialement estimée à 750 millions de francs CFA, cette enveloppe serait passée à moins de 400 millions de francs CFA, sans explications claires fournies aux agents. Une situation qui alimente frustrations et soupçons au sein du personnel.
Matériel disparu et zones d’ombre dans la gestion
Au-delà des questions salariales, le Synapef pointe de graves dysfonctionnements dans la gestion du patrimoine matériel du ministère. Le syndicat évoque notamment la disparition de près de 300 ordinateurs acquis dans le cadre du projet Padeg, ainsi que de véhicules achetés en 2023.
Les agents s’interrogent également sur le sort des 3 000 postes budgétaires annoncés par la présidence de la République, dont l’impact concret sur les effectifs du ministère demeure flou.
Un appel direct à l’arbitrage présidentiel
Face à ce que le syndicat qualifie de « dérives préoccupantes », le Synapef a choisi de s’adresser directement au chef de l’État. Les agents appellent à un arbitrage présidentiel pour faire la lumière sur la gestion du ministère et restaurer un climat de confiance.
Pour le syndicat, il s’agit désormais de rétablir la transparence, la crédibilité et la confiance au sein d’un département stratégique, au cœur des enjeux de protection de l’environnement, de gestion durable des ressources naturelles et de prévention des conflits homme-faune.
En attendant une réaction officielle de la tutelle ou de la présidence, le mouvement de grève se poursuit, sur fond de tension sociale et d’exigence de réponses concrètes.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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