Sécurité alimentaire : le Gabon mise sur l’agriculture urbaine et le commerce régional pour réduire sa dépendance
Libreville, Jeudi 19 Février 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon veut accélérer sa transition vers une production alimentaire plus autonome et mieux intégrée à l’échelle régionale.
Réunis à Libreville les 18 et 19 février, responsables gouvernementaux, institutions régionales et partenaires techniques ont lancé deux initiatives visant à renforcer la production locale et à dynamiser les échanges agricoles au sein de la CEMAC.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, Pacôme Kossy, en présence notamment du coordonnateur sous-régional de la FAO pour l’Afrique centrale, Athman Mravili, et du vice-président de la Commission de la CEMAC, Charles Assamba Ongodo.
L’agriculture urbaine comme réponse à la pression démographique
Au cœur des discussions, un premier programme consacré au développement de l’agriculture urbaine et périurbaine. Face à l’expansion rapide des villes et à la dépendance croissante aux importations, les autorités misent sur des systèmes de production de proximité.
L’objectif est double : améliorer l’accès des populations à des aliments frais tout en créant des opportunités économiques locales. Le projet prévoit notamment de promouvoir des techniques innovantes et adaptées aux espaces urbains, avec une attention particulière portée à l’insertion des jeunes et des femmes.
Au-delà de la production, les promoteurs du programme mettent en avant la nécessité de construire des modèles résilients capables de répondre aux enjeux nutritionnels et aux aléas économiques ou climatiques.
Relancer les échanges de viande dans l’espace CEMAC
Le second volet concerne le renforcement du commerce régional des produits d’origine animale, notamment les viandes bovine, ovine et caprine. Dans une sous-région où les flux restent limités malgré un potentiel important, le projet vise à structurer les filières et à fluidifier la circulation des marchandises.
L’amélioration des chaînes de valeur, la modernisation des circuits de distribution et le respect strict des normes sanitaires figurent parmi les priorités. Les partenaires espèrent ainsi stimuler les échanges intra-communautaires et réduire la dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs.
Entre ambition et défis structurels
Les autorités gabonaises présentent ces initiatives comme une étape supplémentaire vers la souveraineté alimentaire et une meilleure intégration économique régionale. Elles s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à diversifier l’économie et à réduire la facture des importations alimentaires.
Reste toutefois à relever des défis bien connus du secteur : accès au financement, logistique, formation des producteurs et mise en place d’infrastructures adaptées.
Pour les partenaires techniques, dont la FAO, l’enjeu sera désormais de transformer ces engagements en résultats concrets sur le terrain. Car au-delà des annonces, la question de l’autonomie alimentaire demeure l’un des chantiers les plus urgents pour le Gabon et, plus largement, pour l’Afrique centrale.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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