Gabon : offensive à Libreville contre le paludisme dès la naissance
Libreville, Mercredi 29 Avril 2026 (Infos Gabon) – À Libreville, la lutte contre le paludisme change d’échelle et de méthode. À l’occasion de la Journée mondiale dédiée à cette maladie, une opération ciblée s’est déployée au cœur même des maternités, là où la vulnérabilité est maximale.
Portée par la Fondation Ma Bannière, cette initiative marque un tournant stratégique : protéger dès les premières heures de vie.
Une réponse directe à une urgence sanitaire
Dans un pays où le paludisme demeure la première cause de consultation et d’hospitalisation, l’action ne pouvait se limiter aux discours. Entre 1 000 et 1 400 moustiquaires imprégnées à longue durée d’action ont été distribuées samedi dernier dans plusieurs structures sanitaires de la capitale, notamment à Malibé 1, Nzeng Ayong, Awendjé, Bellevue 2, la Peyrie, ainsi que dans les PMI de Glass et London.
Au-delà des chiffres, c’est une approche ciblée qui se dessine : atteindre les femmes dès l’accouchement et sécuriser immédiatement les nouveau-nés. Dans les salles de maternité, le geste prend une dimension palpable. Pour ces mères, il ne s’agit pas d’un simple don, mais d’une protection vitale, instantanée.
Prévenir plutôt que subir
L’initiative ne s’est pas limitée à une distribution matérielle. Elle s’est accompagnée d’un dispositif de sensibilisation, souvent négligé mais essentiel. Les équipes ont rappelé les bonnes pratiques : utilisation correcte des moustiquaires, hygiène domestique et vigilance face aux symptômes.
Ce choix traduit une évolution des politiques de santé publique : passer d’une logique curative à une stratégie de prévention active. Car dans la lutte contre le paludisme, chaque geste compte, et chaque erreur d’usage peut annuler l’efficacité des outils distribués.
Une stratégie alignée sur les priorités nationales
Cette opération s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement de la santé maternelle et infantile. En ciblant prioritairement les femmes enceintes et les nourrissons, la Fondation Ma Bannière, soutenue par la Première Dame, Zita Oligui Nguema, s’aligne sur les priorités nationales de réduction de la mortalité liée aux maladies endémiques.
La couverture géographique, étendue à plusieurs zones densément peuplées de Libreville, renforce la portée de l’action. Elle dépasse le cadre symbolique pour s’inscrire dans une logique d’impact mesurable.
Un combat de long terme
Malgré les avancées, le paludisme reste une menace quotidienne au Gabon. Les enfants et les femmes enceintes en paient le plus lourd tribut. Dans ce contexte, chaque moustiquaire distribuée représente une ligne de défense supplémentaire contre une maladie encore trop meurtrière.
Mais l’enjeu dépasse cette opération ponctuelle. La véritable bataille se joue dans la durée : régularité des actions, coordination des acteurs, appropriation par les populations. Sans continuité, même les initiatives les plus ambitieuses risquent de s’essouffler.
Une urgence qui impose la constance
L’opération menée dans les maternités de Libreville envoie un signal fort : la lutte contre le paludisme peut être concrète, ciblée et efficace. Elle rappelle surtout une évidence souvent ignorée : la prévention commence dès la naissance.
Reste désormais à transformer cet élan en politique durable. Car face au paludisme, ce ne sont pas les actions isolées qui feront la différence, mais leur capacité à s’inscrire dans le temps. C’est à ce prix que le Gabon pourra espérer inverser durablement la courbe d’une maladie qui, aujourd’hui encore, dicte trop souvent le destin des plus vulnérables.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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