Gabon : Giresse, le retour du bâtisseur
Libreville, Mercredi 8 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Le football gabonais s’apprête peut-être à renouer avec l’une des figures qui ont le plus marqué son histoire moderne. Seize ans après avoir quitté le banc des Panthères, Alain Giresse pourrait faire son retour à Libreville dans un rôle radicalement différent mais peut-être encore plus déterminant.
L’ancien sélectionneur national est annoncé comme futur Directeur technique national, avec pour mission de reconstruire les fondations d’un football en quête d’identité, de résultats et de stabilité.
Pour beaucoup d’observateurs, il ne s’agit pas seulement d’une nomination prestigieuse. C’est peut-être le choix le plus stratégique effectué par le Gabon depuis plusieurs années.
Le retour d’une mémoire vivante du football gabonais
Lorsqu’Alain Giresse prend les commandes des Panthères en 2006, le Gabon appartient encore au second cercle du football africain. Quatre ans plus tard, la sélection nationale quitte la Coupe d’Afrique des Nations 2010 avec une nouvelle réputation, celle d’une équipe disciplinée, ambitieuse et capable de rivaliser avec les grandes nations du continent.
Sous son autorité, le football gabonais découvre une organisation tactique rigoureuse, une exigence quotidienne et une culture du haut niveau rarement observées jusque-là. Le pays passe tout près des quarts de finale de la CAN angolaise et donne le sentiment d’avoir trouvé une direction claire.
Cette trace laissée dans la mémoire collective explique l’immense popularité dont bénéficie encore aujourd’hui le technicien français auprès des supporters gabonais.
Son retour potentiel dépasse donc largement la nostalgie. Il repose sur une conviction simple. Les hommes capables de construire des projets durables sont rares sur le continent africain.
Une mission plus difficile que celle de sélectionneur
Cette fois, Alain Giresse ne reviendrait pas pour préparer une compétition internationale ou bâtir une équipe nationale compétitive. Sa mission serait beaucoup plus vaste et probablement beaucoup plus complexe.
Le poste de Directeur technique national constitue le cerveau d’un système footballistique moderne. Il définit la philosophie de jeu, supervise la formation, accompagne les entraîneurs, harmonise les compétitions locales et prépare les générations futures.
Or c’est précisément sur ces terrains que le football gabonais accumule les difficultés depuis plusieurs années.
Formation insuffisamment structurée, championnats locaux irréguliers, manque de continuité technique, faibles passerelles entre les catégories de jeunes et les équipes professionnelles. Autant de défis qui empêchent le pays de transformer son potentiel naturel en performances durables.
À soixante-treize ans, Alain Giresse possède précisément ce qui manque le plus au football gabonais aujourd’hui, l’expérience institutionnelle et la capacité à penser le long terme.
Son parcours au Sénégal, au Mali, en Tunisie, au Maroc ou encore en Côte d’Ivoire lui a permis d’observer les réussites et les échecs des grands projets africains.
Le Gabon pourrait ainsi bénéficier d’un savoir accumulé durant plusieurs décennies au plus haut niveau.
Le duo Giresse-Kessany peut-il changer la donne
L’autre élément qui nourrit l’optimisme concerne la relation entre Alain Giresse et Paul Kessany, actuel ministre des Sports et ancien capitaine des Panthères sous les ordres du technicien français.
Cette proximité personnelle pourrait faciliter la mise en œuvre des réformes souvent freinées par les lourdeurs administratives ou les rivalités institutionnelles. Le calendrier impose d’ailleurs une accélération immédiate.
La Fédération gabonaise de football a annoncé la nomination du futur sélectionneur national à la mi-juillet. Quelques semaines plus tard seulement, les Panthères entreront dans les qualifications pour la Coupe d’Afrique des Nations 2027 avec un premier rendez-vous majeur face au Maroc.
L’arrivée d’un Directeur technique national expérimenté offrirait ainsi un cadre technique solide au futur sélectionneur et permettrait d’éviter une nouvelle transition improvisée. Au-delà du nom d’Alain Giresse, c’est finalement la philosophie du projet qui est observée avec attention.
Le Gabon cherche-t-il simplement un technicien prestigieux ou est-il enfin prêt à construire un véritable modèle de développement footballistique sur le long terme ? Si la réponse est la seconde, alors le retour de celui que les supporters appellent toujours affectueusement « Gigi » pourrait devenir bien plus qu’un symbole.
Il pourrait marquer le début d’une reconstruction attendue depuis plus d’une décennie et offrir au football gabonais la boussole qui lui manque pour retrouver sa place parmi les nations qui comptent sur le continent africain.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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