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Mouyouma, le contentieux qui embarrasse le football gabonais

Libreville, Mardi 21 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Le départ d’un sélectionneur devrait marquer la fin d’un cycle sportif. Au Gabon, il ouvre une nouvelle séquence de tensions. Quelques mois après son éviction à la tête des Panthères, Thierry Dieudonné Mouyouma réclame le paiement de ses indemnités, relançant une controverse qui dépasse largement son cas personnel.

Cette affaire remet en lumière les difficultés récurrentes de gouvernance qui fragilisent le football gabonais et interrogent la capacité de ses instances à respecter leurs engagements contractuels.

Selon les informations publiées par le média spécialisé Afrik-Foot, l’ancien sélectionneur national aurait engagé une procédure de mise en demeure contre la Fédération gabonaise de football afin d’obtenir le règlement des sommes qui lui seraient dues après la rupture de son contrat. Une initiative qui intervient alors que la Fédération a déjà officiellement tourné la page en confiant les rênes de la sélection au technicien français Sébastien Migné.

Une succession sportive qui se transforme en dossier juridique

L’éviction de Thierry Mouyouma est intervenue au lendemain de la contre-performance des Panthères lors de la dernière Coupe d’Afrique des nations disputée au Maroc. Comme souvent dans le football de haut niveau, les résultats ont précipité un changement d’entraîneur. Mais cette transition, censée permettre un nouveau départ, semble aujourd’hui se prolonger devant le terrain juridique.

Désormais entraîneur de Mangasport, Thierry Mouyouma entend faire valoir ses droits en demandant le paiement des indemnités prévues dans le cadre de son contrat. Si la procédure venait à se confirmer, elle placerait une nouvelle fois la Fédération gabonaise de football face à des obligations dont l’exécution semble alimenter un malaise grandissant.

Le dossier a pris une dimension supplémentaire lorsque Pierre Alain Mounguengui, président de la Fegafoot, a publiquement reconnu être informé de la situation. Lors de la présentation officielle de Sébastien Migné, mercredi dernier, il n’a pas caché son étonnement face à ce retard.

« Je suis au courant que, jusqu’à ce jour, Thierry Mouyouma n’a pas encore été payé. C’est une situation gênante. Nous avons pourtant payé Camacho, Neveu, etc. Pourquoi, quand c’est un Gabonais, ça traîne ? »

Les déclarations du président ouvrent de nouvelles interrogations

Au-delà de la reconnaissance d’un retard de paiement, les propos du président de la Fédération soulèvent une interrogation de fond. En affirmant que les précédents sélectionneurs étrangers ont bien perçu leurs indemnités, tout en s’étonnant de la situation de Thierry Mouyouma, Pierre Alain Mounguengui met lui-même en évidence une différence de traitement qui appelle des explications.

Plus encore, il a tenu à saluer le travail de l’ancien sélectionneur en affirmant que, si la décision lui appartenait, celui-ci serait resté à la tête des Panthères. Le président de la Fegafoot est allé jusqu’à qualifier Thierry Dieudonné Mouyouma de « l’un des meilleurs techniciens du continent » et de « meilleur entraîneur du Gabon ».

Ces déclarations renforcent le paradoxe. Si le responsable de la Fédération affirme soutenir publiquement l’ancien sélectionneur tout en reconnaissant que ses indemnités n’ont toujours pas été versées, une question demeure. Qui porte réellement la responsabilité de ce blocage administratif ou financier ?

Un enjeu de crédibilité pour les institutions sportives

Au-delà du différend contractuel, cette affaire ravive un problème devenu récurrent dans le football gabonais. Les changements d’entraîneurs sont régulièrement suivis de litiges financiers ou judiciaires, alimentant une réputation de mauvais payeur qui fragilise l’image des institutions nationales auprès des techniciens, des partenaires et des instances internationales.

Dans un environnement où la crédibilité des fédérations constitue un critère essentiel pour attirer des compétences, sécuriser des partenariats et défendre l’image d’un pays, le respect des engagements contractuels ne relève plus d’une simple obligation administrative. Il s’agit d’un impératif de gouvernance.

Le dossier Mouyouma dépasse ainsi le cadre d’un conflit entre un employeur et son ancien salarié. Il devient le révélateur d’une question plus profonde sur le fonctionnement des institutions sportives gabonaises et sur leur capacité à conjuguer ambition sportive et rigueur de gestion. Tant que cette affaire restera sans issue, elle continuera d’alimenter les interrogations sur la gouvernance du football gabonais et de ternir une image que les performances sportives, à elles seules, ne suffisent plus à restaurer.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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