Gabon : La croissance à l’épreuve de l’emploi et de l’investissement dans les compétences
Libreville, Jeudi 29 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Le Gabon veut transformer ses perspectives de croissance en emplois durables et en améliorations concrètes des conditions de vie. C’est l’ambition affichée lors du lancement mardi de la Note de conjoncture du Gabon 2026, une publication consacrée à la situation économique nationale et aux leviers d’une croissance plus inclusive. La cérémonie a été présidée par Marc Abeghe, ministre délégué auprès du ministre de l’Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Thierry Minko, en présence du représentant résident de la Banque mondiale, Sylvain Kakou, et de la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono.
Placée sous le thème « Investir dans l’éducation et les compétences pour créer davantage d’emplois de meilleure qualité pour une croissance plus inclusive », cette édition met en avant un défi central pour l’économie gabonaise. La croissance ne suffit pas, à elle seule, à garantir une prospérité partagée. Encore faut-il qu’elle s’accompagne d’une diversification des activités, d’une meilleure insertion professionnelle des jeunes et d’un accès plus large aux opportunités économiques.
Les échanges ont fait ressortir trois priorités étroitement liées, à savoir la discipline budgétaire, la maîtrise de la dette publique et l’investissement dans le capital humain. Dans un contexte où les besoins sociaux et les attentes en matière d’infrastructures restent importants, l’équilibre des finances publiques constitue un enjeu déterminant. Il s’agit de préserver la capacité de l’État à financer ses politiques tout en veillant à la soutenabilité de ses engagements. La qualité de la dépense devient alors aussi importante que son volume, notamment lorsqu’il est question d’éducation, de formation et de services essentiels.
L’accent mis sur les compétences répond, lui, à une difficulté persistante de nombreuses économies, celle du décalage entre les qualifications des demandeurs d’emploi et les besoins des entreprises. La réforme de l’enseignement technique et de la formation professionnelle est ainsi présentée comme un levier pour rapprocher les parcours de formation des réalités du marché du travail. Son efficacité dépendra toutefois de la capacité à associer les employeurs à la définition des programmes, à développer les formations pratiques et à ouvrir des débouchés professionnels réels aux jeunes diplômés.
À travers le Plan national de croissance et de développement (PNCD), le gouvernement entend inscrire ces orientations dans une stratégie plus large de transformation économique et de renforcement de l’employabilité. L’objectif est de mieux orienter les politiques publiques vers les secteurs prioritaires et de favoriser une croissance dont les bénéfices se diffusent au-delà des seuls indicateurs macroéconomiques.
Cette ambition, portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, pose néanmoins une exigence de résultats. La maîtrise de la dette, l’amélioration de la formation et la création d’emplois ne peuvent produire leurs effets que si les engagements annoncés se traduisent par des mesures concrètes, évaluables et suivies dans le temps.
La Note de conjoncture 2026 place ainsi le débat économique sur un terrain essentiel pour l’avenir du pays. Pour le Gabon, l’enjeu n’est pas seulement de soutenir la croissance, mais de construire une économie plus productive, capable d’offrir aux jeunes des perspectives professionnelles solides et de convertir les ressources nationales en progrès social durable.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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