Afrique Economie

A Kigali, le Gabon prendra part à Africa CEO Forum

Libreville, Mercredi 13 Mai 2026 (Infos Gabon) – Oligui Nguema veut faire entrer Libreville dans la nouvelle géographie économique du continent.

À Kigali, les 14 et 15 mai prochains, une partie de l’avenir économique africain se discutera derrière les portes du prestigieux Africa CEO Forum 2026. Chefs d’État, grands patrons, investisseurs internationaux, institutions financières et figures du capitalisme africain y convergeront pour débattre d’une question devenue centrale. Comment transformer l’Afrique en puissance économique capable de peser dans les équilibres mondiaux ?

Au cœur de cette séquence stratégique, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema entend imposer une conviction. Selon lui, le Gabon ne veut plus être un simple observateur des mutations africaines, mais un acteur influent de leur construction.

La participation du chef de l’État gabonais à la 13e édition de l’Africa CEO Forum dépasse largement le cadre protocolaire. Elle s’inscrit dans une offensive diplomatique et économique beaucoup plus vaste, menée depuis plusieurs mois par Libreville pour repositionner le pays au sein des grands circuits d’investissement et des nouvelles alliances africaines. Après Nairobi, Kampala ou encore Luanda, Kigali devient une nouvelle étape dans cette stratégie d’influence continentale assumée.

Le sommet où se redessine le capitalisme africain

Cette année, le forum affiche une ambition claire à travers un thème volontairement percutant : « Scale or fail : pourquoi le capitalisme africain doit unir ses forces ». Derrière cette formule se cache une réalité brutale : dans un monde dominé par des blocs économiques géants, les économies africaines fragmentées risquent de rester marginalisées si elles ne parviennent pas à mutualiser leurs marchés, leurs infrastructures et leurs capacités industrielles.

Plus de 2 000 décideurs issus de 75 pays sont attendus dans la capitale rwandaise. Parmi eux, des figures majeures comme Bola Ahmed Tinubu, Robert Beugré Mambé, mais aussi des acteurs centraux du secteur privé africain tels qu’Aliko Dangote ou James Mwangi qui seront tous autour de Paul Kagame, Les grandes institutions financières internationales, notamment la Banque africaine de développement (BAD) et l’International Finance Corporation (IFC), seront également au rendez-vous.

Dans cet environnement ultra-stratégique, le Gabon vient défendre une ligne politique désormais clairement identifiable. Celle d’une Afrique qui transforme davantage ses ressources localement, développe ses propres chaînes de valeur industrielles et réduit progressivement sa dépendance aux modèles purement extractifs hérités des décennies passées.

Oligui Nguema accélère sa diplomatie économique

Depuis son accession au pouvoir, Brice Clotaire Oligui Nguema multiplie les initiatives visant à présenter le Gabon comme une destination économique plus crédible, plus stable et plus attractive. Derrière les déplacements présidentiels se construit progressivement une doctrine économique articulée autour de trois axes : industrialisation, souveraineté économique et intégration régionale.

À Kigali, le président gabonais cherchera notamment à convaincre investisseurs et partenaires que le pays entre dans une nouvelle phase de transformation économique. Mines, énergie, infrastructures, numérique, agro-industrie : autant de secteurs que Libreville souhaite désormais positionner au cœur des grands flux d’investissement africains.

Le choix de participer à l’Africa CEO Forum n’est donc pas anodin. Ce rendez-vous est devenu, au fil des années, l’un des principaux lieux où se négocient les partenariats économiques du continent. C’est là que se croisent gouvernements, multinationales, fonds d’investissement et futurs champions africains.

Le Gabon face au défi de la compétitivité africaine

Mais derrière les discours ambitieux, le défi reste immense pour Libreville. Car la compétition entre économies africaines s’intensifie. Des pays comme le Rwanda, le Kenya, le Maroc ou encore la Côte d’Ivoire ont pris une avance significative dans l’attraction des capitaux, la modernisation administrative et la structuration des écosystèmes industriels.

Le Gabon, lui, tente encore de convertir ses immenses ressources naturelles en puissance économique durable. Longtemps dépendant de ses exportations brutes de pétrole, de manganèse ou de bois, le pays cherche désormais à bâtir une économie davantage fondée sur la transformation locale et la valeur ajoutée.

Cette transition constitue précisément le cœur du message que Libreville veut porter à Kigali. Celui d’un État qui cherche à passer d’une économie rentière à une économie productive intégrée aux grandes dynamiques africaines.

Une bataille d’influence continentale

L’enjeu de Kigali dépasse finalement la seule question économique. Il s’agit aussi pour le Gabon d’affirmer sa place dans la nouvelle géopolitique africaine qui se dessine. À mesure que les centres de décision se déplacent vers des forums économiques, des corridors régionaux et des alliances industrielles, les États qui resteront en marge risquent de perdre en influence.

En participant activement aux débats sur les infrastructures régionales, les investissements transfrontaliers ou encore la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), Oligui Nguema cherche à inscrire durablement le Gabon dans cette nouvelle architecture économique du continent.

À Kigali, le président gabonais ne viendra donc pas simplement représenter son pays lors d’un forum international. Il viendra défendre une ambition. Celle d’un Gabon qui veut désormais compter parmi les économies africaines capables d’influencer les grandes transformations du continent plutôt que de les subir.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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