À Perth, le Gabon change les règles du jeu
Libreville, Mardi 28 Juillet 2026 (Infos Gabon) – Hermann Immongault présente aux investisseurs la nouvelle doctrine économique de Libreville, fondée sur la transformation locale, la création de valeur et un partenariat industriel d’un nouveau type.
Le Gabon entend rompre avec des décennies d’un modèle économique centré sur l’exportation de matières premières brutes. Depuis Perth, en Australie-Occidentale, le Vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, représentant le Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema au Forum de Boao, a dévoilé une vision qui redéfinit les conditions de la coopération économique avec les investisseurs internationaux.
Face à un auditoire composé de décideurs australiens et chinois, le message a été sans ambiguïté. Désormais, les ressources naturelles gabonaises ne constituent plus une simple opportunité d’extraction, mais le socle d’une industrialisation nationale fondée sur la transformation locale, le transfert de compétences et la création de chaînes de valeur durables.
Ce discours marque une inflexion stratégique dans la politique économique gabonaise. Il traduit la volonté de faire évoluer le pays d’un statut de fournisseur de ressources vers celui d’acteur industriel capable de produire davantage de richesse sur son territoire et d’offrir un environnement plus compétitif aux investissements internationaux.
De l’extraction à l’industrialisation
Le secteur minier apparaît comme le premier laboratoire de cette nouvelle doctrine. Deuxième producteur mondial de manganèse, le Gabon dispose d’un potentiel minéral considérable qu’il entend désormais valoriser différemment. Hermann Immongault a notamment mis en avant le projet de fer de Belinga, dans la province de l’Ogooué-Ivindo, développé en partenariat avec le groupe australien Fortescue.
Pour Libreville, Belinga ne doit pas devenir une simple mine supplémentaire. Le projet est conçu comme un écosystème industriel intégré où les infrastructures, les capacités énergétiques, la transformation locale du minerai, la formation des compétences nationales et les exigences environnementales progressent simultanément. L’objectif est de faire de ce complexe un modèle de développement capable d’entraîner l’ensemble du secteur minier gabonais vers une montée en gamme.
Cette approche répond à une évolution profonde des marchés mondiaux. Les investisseurs recherchent désormais des projets offrant une vision de long terme, intégrant les enjeux de durabilité, de gouvernance et de création de valeur locale. En imposant la transformation sur place comme principe directeur, le Gabon entend mieux capter les retombées économiques de ses ressources naturelles tout en favorisant l’émergence d’un tissu industriel national.
Diversifier la richesse nationale
La stratégie présentée à Perth dépasse largement le cadre minier. Hermann Immongault a rappelé que le potentiel économique gabonais repose également sur une biodiversité parmi les plus riches du monde et sur un patrimoine scientifique encore largement sous-exploité.
Il a notamment évoqué les perspectives offertes par la recherche, l’innovation et la valorisation responsable de plantes endémiques comme l’iboga. Cette ressource emblématique pourrait ouvrir de nouveaux débouchés dans les domaines scientifique, pharmaceutique et biotechnologique, à condition que son exploitation respecte les normes internationales ainsi que les droits des communautés locales détentrices des savoirs traditionnels.
Cette diversification traduit une ambition plus large. Le Gabon cherche à construire une économie où les ressources naturelles ne sont plus uniquement extraites, mais également transformées, étudiées et valorisées à travers des filières innovantes capables de générer davantage d’emplois qualifiés et de revenus durables.
Une nouvelle offre adressée aux investisseurs
Conscient que la compétitivité ne repose pas uniquement sur les ressources disponibles, le Vice-président du gouvernement a également voulu rassurer les investisseurs sur l’environnement des affaires. Il a insisté sur les réformes engagées pour renforcer la sécurité juridique, améliorer la transparence financière et consolider la gouvernance économique.
Le message adressé aux partenaires internationaux est celui d’un pays qui souhaite attirer des capitaux dans un cadre plus prévisible, plus stable et davantage orienté vers la performance industrielle. L’objectif n’est plus d’accueillir des investissements limités à l’exploitation des ressources, mais de bâtir avec les partenaires étrangers des chaînes de valeur complètes intégrant recherche, innovation, infrastructures, énergie et développement des compétences nationales.
En concluant son intervention par un affirmatif « Le Gabon est prêt », Hermann Immongault a résumé la nouvelle posture économique du pays. Derrière cette formule se dessine une transformation plus profonde de la diplomatie économique gabonaise. Libreville ne cherche plus uniquement des investisseurs. Le pays recherche des partenaires capables d’accompagner une industrialisation créatrice de valeur, de technologies et d’emplois.
Dans un contexte mondial où la souveraineté économique devient un enjeu majeur, cette vision pourrait repositionner le Gabon comme l’un des futurs pôles industriels les plus ambitieux d’Afrique centrale, à condition que cette stratégie soit désormais traduite en réalisations concrètes et durables.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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