Politique

Gabon : Port-Gentil, 2028 commence maintenant

Libreville, Jeudi 17 Septembre 2026 (Infos Gabon) – Le 30 août 2028 est encore loin. Pourtant, à Port-Gentil, le compte à rebours a déjà commencé. En désignant la capitale de l’Ogooué-Maritime pour accueillir les festivités de la Fête de la Libération, le Gabon s’est donné une échéance politique, mais surtout un délai de transformation.

Le président Brice Clotaire Oligui Nguema refuse que cette date serve de simple décor à une célébration nationale. Son message aux opérateurs économiques est désormais clair. Il faut agir avant 2028, livrer avant 2028 et faire en sorte que les habitants commencent à percevoir les changements bien avant le jour des cérémonies.

La rencontre du 16 septembre avec les acteurs économiques de Port-Gentil traduit cette nouvelle logique. Les projets structurants ont été passés en revue, les entreprises susceptibles de participer à leur réalisation ont été mobilisées et un comité de suivi doit désormais veiller à l’exécution, au respect des calendriers et à la concrétisation des engagements. L’enjeu est moins de multiplier les annonces que d’installer une chaîne de responsabilité permettant de savoir qui fait quoi, dans quels délais et avec quels résultats.

Cette exigence intervient après une tournée présidentielle consacrée à plusieurs chantiers de la capitale économique. Hôpital général, hôpital psychiatrique, centre de réinsertion professionnelle, lycée de l’Excellence du Prytanée militaire, Université polytechnique, logements, centre commercial, projets hôteliers, caserne des sapeurs-pompiers, brigade de police et voie de contournement figurent parmi les infrastructures inspectées. Le chef de l’État a également demandé des ajustements sur certains projets afin de les adapter aux contraintes du terrain et aux besoins futurs des populations.

Cette cohérence est importante. Port-Gentil ne peut être transformée par un seul chantier. La ville a besoin simultanément de meilleurs soins, de formations adaptées, de logements, de mobilité, de sécurité et d’un environnement favorable à l’investissement. La présidence présente justement cette approche comme une transformation globale destinée à améliorer le quotidien tout en créant les conditions de nouvelles activités économiques et d’emplois.

La mobilisation du secteur privé prend, dans ce contexte, une dimension particulière. L’État peut fixer les priorités, sécuriser le cadre institutionnel et piloter les grands équilibres. Mais une partie de la transformation dépendra aussi de la capacité des opérateurs économiques à investir, construire, employer et respecter leurs engagements. Le rendez-vous de 2028 devient ainsi une forme de contrat de confiance entre la puissance publique et les entreprises.

Le choix de réhabiliter la Foire de Port-Gentil illustre cette volonté de ne pas réduire le développement à la voirie et aux grands équipements administratifs. Le site doit retrouver une fonction de loisirs, de détente et de rassemblement pour les familles et les enfants. Derrière cet aménagement se trouve une conception plus large de la ville, une ville qui doit produire, mais aussi offrir des espaces de vie dignes, attractifs et accessibles.

Cette transformation est d’autant plus stratégique que Port-Gentil reste l’un des principaux pôles économiques du Gabon. Son avenir ne peut donc être dissocié de celui de l’économie nationale. Une ville industrielle mal desservie, mal équipée ou insuffisamment attractive finit par pénaliser les entreprises comme les ménages. À l’inverse, des infrastructures fiables peuvent réduire les coûts, faciliter les déplacements, soutenir le commerce et créer un environnement plus propice à de nouveaux investissements.

Le véritable défi sera toutefois celui de la durée. Les grands projets associés à une échéance nationale connaissent souvent une accélération avant l’événement, puis un risque de ralentissement une fois la cérémonie passée. Port-Gentil devra éviter ce piège. La priorité doit être de construire une ville qui reste plus fonctionnelle après le 30 août 2028 qu’elle ne l’était avant.

C’est pourquoi le comité de suivi annoncé peut devenir un instrument essentiel. Sa crédibilité dépendra de sa capacité à publier des échéances, à signaler les retards, à identifier les responsabilités et à mesurer l’avancement réel des travaux. Une transformation urbaine sérieuse doit pouvoir être évaluée autrement que par les discours ou les cérémonies d’inauguration.

Pour Oligui Nguema, Port-Gentil revêt également une dimension personnelle, puisqu’il y a vécu une partie de sa vie. Cet attachement peut donner une force supplémentaire à la volonté présidentielle de voir la capitale économique retrouver attractivité et dynamisme, mais il place surtout le pouvoir face à une obligation de résultats visibles.

Le calendrier est désormais établi. Les deux années qui séparent septembre 2026 d’août 2028 devront servir à transformer les plans en ouvrages, les ouvrages en services et les investissements en activités.

Le 30 août 2028 ne devra donc pas être le moment où Port-Gentil commence à changer. Il devra être la date à laquelle le pays pourra constater que la transformation a déjà eu lieu.

C’est là que se jouera la réussite du projet. Une fête nationale peut durer une journée. Une ville transformée doit, elle, durer des décennies.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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