Accord RDC – Rwanda : Un pas décisif pour la paix dans la région des grands lacs ?
Libreville, Lundi 30 Juin 2025 (Infos Gabon) – C’est validé ! « Il est né le divin accord », pourrait-on dire, en écho au chant traditionnel chrétien. C’est ainsi que de nombreux Congolais ont salué la signature historique de l’accord de paix entre la RDC, le Rwanda et les États-Unis, censé mettre un terme à trois décennies d’un conflit parmi les plus meurtriers depuis la Seconde Guerre mondiale.
La cérémonie consacrant la signature de cet accord s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités importantes, comme le secrétaire d’État américain Marco Rubio, la ministre congolaise des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner, et son homologue rwandais Olivier Nduhungirehe. Le tout chapeauté par le sceau personnel du président Donald Trump.
Principal artisan de cette initiative, le président américain a déclaré au cours de la conférence de presse que cet accord est une victoire pour son pays.
Calfeutré dans sa logique Trumpienne affairiste, il n’a pas caché sa satisfaction. « J’ai réussi à les réunir et à vendre l’accord. Et en plus, les États-Unis obtiennent beaucoup de droits miniers du Congo », a-t-il affirmé.
Visiblement, les avancées obtenues grâce à cet accord ne rentrent pas dans la philosophie de « Congolese live matter », bien au contraire. Il permet d’abord aux entreprises américaines d’avoir accès aux ressources naturelles congolaises, notamment les minerais critiques dont le cobalt, le coltan et le lithium, utilisés dans les téléphones, les batteries et les avions.
De leur côté, les réactions de deux ministres signataires sont pour le moins contrastées. Si la ministre Thérèse Kayikwamba Wagner de la RDC se montre optimiste et a rappelé que des millions de Congolais qui ont souffert veulent la paix et attendent que cet accord soit respecté, le ministre rwandais se montre nuancé pour sa part.
Sachons lire entre les lignes
Il a certes reconnu que cet accord est un bon début, grâce au soutien des États-Unis et du Qatar qui ont facilité les discussions. Toutefois, il estime que le chemin vers la paix est encore long. Une posture qui cacherait mal des alibis sécuritaires et des exigences en suspens à satisfaire sur la base desquels le Rwanda s’arroge le droit d’interventionnisme sur le territoire congolais.
L’accord signé prévoit plusieurs points importants notamment : un cessez-le-feu immédiat, le retrait des troupes étrangères, le respect des frontières, et le désarmement des groupes armés non étatiques.
Les questions comme celles liées au sort des principaux mouvements rebelles que sont l’AFC/M23, les mécanismes conjoints de surveillance et la neutralisation des FDLR font encore l’objet d’âpres négociations qui se poursuivent à Doha.
Pour l’heure, de sources proches de ces négociations font état de certains points de friction entre les délégués de deux pays. Ce qui laisserait toujours planer le risque de voir le désengagement des troupes au front connaitre une période assez longue au grand dam de nombreux déplacés de guerre excédées par des rudes épreuves existentielles.
Coïncidence chargée de symbole
Signé le 27 Juin à 3 jours du 30 juin, jour de l’indépendance, les attentes du peuple congolais qui compte retrouver sa souveraineté politique, économique et culturelle grâce à cet accord sont énormes.
Les Congolais espèrent ainsi recouvrer leur dignité et surtout voir le recul de l’économie de prédation en faveur d’une économie win-win basée sur la paix, la coopération et le développement régional profitables à tous les peuples.
Aujourd’hui, point n’est besoin de se le cacher. Le réalisme du président Trump et son flair de business ont triomphé et font renaitre l’espoir dans cette région devenue poudrière.
C’est ici le lieu d’interpeller les élites congolaises et d’autres proxy qui se sont pendant longtemps sucrées en s’insérant dans les différents réseaux maffieux sans scrupules qui ont fait florès à l’Est de la RDC depuis pratiquement les années 1994.
La donne a changé. Le vent tourne résolument vers une région des Grands Lacs ouverte à la prospérité des communautés loin des images de la malédiction de Cham qui collent à la peau.
Que dire de l’inefficacité des troupes des Nations-Unies présentes à l’Est de la RDC depuis plus de vingt ans à travers la Monusco, l’une des missions de paix les plus robustes de l’histoire, aux résultats mitigés ?
Rappelons qu’un accord de paix sous l’égide des Américains n’est pas le premier du genre pour l’Est de la RDC. Les deux premières tentatives de 2004 et 2013 ont accouché d’une souris suite à la méfiance entre les deux parties.
En sera-t-il de même pour cette fois-ci ? Rien n’est moins sûr au regard de l’implication personnelle du président Donald Trump dont la main n’entend pas trembler. L’Epée de Damoclès reste suspendue : « Des représailles sont prévues contre la partie qui ferait obstacle à la matérialisation de cet accord », a-t-il promis avec fermeté. Wait and see !
FIN/INFOSGABON/FW/2025
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