Afrique centrale : à Bujumbura, le numérique entre ambitions politiques et retard structurel
Libreville, Dimanche 22 Février 2026 (Infos Gabon) – Derrière les discours volontaristes et les annonces de coopération, le forum régional sur le numérique organisé du 16 au 21 février dans la capitale burundaise a surtout mis en lumière l’ampleur du retard technologique de l’Afrique centrale.
Réunis autour de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), responsables politiques, experts et acteurs privés ont tenté de tracer les contours d’une transformation digitale encore largement à construire.
Placée sous le thème « Le numérique : catalyseur d’innovation, d’inclusion et de développement durable », la rencontre a rassemblé des délégations issues des onze pays de la sous-région notamment le Gabon, en présence de plusieurs hautes autorités burundaises, dont le Premier ministre Nestor Ntahontuye.
Un fossé numérique préoccupant
Le moment clé du forum aura été le constat dressé par le président de la Commission de la CEEAC, l’ambassadeur Ezéchiel Nibigira. Selon les données présentées, seuls 24 % des habitants d’Afrique centrale ont aujourd’hui accès aux technologies numériques, soit environ 43 millions de personnes sur une population estimée à 180 millions.
Pour l’institution régionale, ce faible taux d’accès constitue un frein majeur au développement économique, à la compétitivité et à l’intégration régionale. Infrastructures insuffisantes, coûts élevés de connexion et inégalités territoriales continuent de limiter l’expansion du numérique, en particulier dans les zones rurales.
Face à cette situation, la CEEAC a appelé à une mobilisation accélérée autour du déploiement de réseaux, de l’amélioration de la qualité de l’internet et de la réduction des tarifs pour les usagers.
La jeunesse au cœur des attentes
Pays hôte de l’événement, le Burundi a mis en avant sa stratégie nationale en matière d’économie numérique. Le ministre des Finances, du Budget et de l’Économie numérique, Alain Ndikumana, a insisté sur la nécessité de répondre aux attentes d’une population jeune et de plus en plus tournée vers les opportunités digitales.
Entrepreneuriat en ligne, commerce électronique, développement de compétences en intelligence artificielle : les autorités burundaises entendent faire du numérique un levier d’emploi et de modernisation économique.
Mais pour y parvenir, le gouvernement a appelé à un engagement plus fort du secteur privé, jugé indispensable à l’émergence d’un véritable écosystème technologique.
Entre promesses et défis de mise en œuvre
Au-delà des déclarations, les échanges ont porté sur des enjeux concrets : harmonisation des cadres juridiques, cybersécurité, formation aux métiers du numérique et financement des infrastructures.
L’ambassadeur Nibigira a également sollicité l’appui des partenaires internationaux, des institutions de formation et du monde universitaire afin de soutenir la recherche, l’innovation et la montée en compétences dans la sous-région.
Reste désormais la question centrale : celle de la mise en œuvre. Car si les ambitions affichées sont élevées, l’Afrique centrale accuse encore un retard significatif par rapport à d’autres régions du continent, notamment en matière de connectivité et d’investissements.
À Bujumbura, le message est apparu clair : sans accélération concrète des projets et des financements, la transition numérique pourrait rester, une fois de plus, au stade des intentions.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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