BGFI, le capital au service d’une nouvelle ambition
Libreville, Jeudi 8 Octobre 2026 (Infos Gabon) – À Yaoundé puis à Douala, BGFIBank ne s’est pas contenté de présenter une nouvelle opération financière. Le groupe bancaire a entrepris de convaincre le marché que l’ouverture de son capital peut devenir un instrument de transformation pour un groupe africain qui veut accélérer sa croissance tout en contribuant à approfondir les marchés financiers de la CEMAC.
Face aux investisseurs réunis au Cameroun, le président-directeur général Henri-Claude Oyima a défendu une conviction simple, mais stratégique, le capital recherché doit servir un projet de croissance et non simplement renforcer les réserves d’une banque.
La deuxième phase de l’augmentation de capital de BGFI Holding Corporation vise ainsi à mobiliser 80,558 milliards de FCFA à travers l’émission de 1 006 975 actions nouvelles, proposées à 80 000 FCFA l’unité. L’opération, ouverte du 15 septembre au 15 octobre 2026, doit porter la participation du public de 3,85 % à 10 %. La souscription minimale est fixée à dix actions, soit 800 000 FCFA.
Cette nouvelle étape intervient quelques mois après une première opération qui avait permis de lever 45,325 milliards de FCFA et d’élargir l’actionnariat du groupe. BGFI Holding a ensuite fait son entrée à la BVMAC en mai 2026, devenant la plus importante capitalisation de la place régionale lors de sa première cotation.
Douala, au-delà de la levée de fonds
Après Yaoundé, la rencontre organisée à Douala a donné une dimension particulière à cette campagne. Dans la capitale économique camerounaise, Henri-Claude Oyima a appelé les investisseurs à ne plus se considérer comme de simples observateurs de la trajectoire du groupe, mais comme des acteurs de sa transformation. Le message révèle l’ambition réelle de l’opération. BGFI cherche moins à vendre des actions qu’à construire un actionnariat capable d’accompagner son développement.
Le discours du dirigeant repose sur un principe important. Le groupe n’ouvre pas son capital parce qu’il aurait besoin de ressources pour fonctionner, mais parce que son projet de croissance nécessite davantage de fonds propres. Nouvelles implantations, renforcement des filiales, capacités supplémentaires de financement et transformation technologique figurent parmi les axes associés à BGFI 2030.
Cette stratégie prend tout son sens dans une région où les besoins de financement restent considérables. Les entreprises africaines ont besoin de capitaux pour investir, se développer et conquérir de nouveaux marchés. Les banques elles-mêmes doivent disposer de fonds propres suffisants pour accompagner cette demande dans le respect des exigences prudentielles. L’ouverture du capital devient alors un moyen de soutenir la croissance sans faire reposer exclusivement son financement sur l’endettement.
Un test pour le marché financier régional
L’opération dépasse cependant les intérêts propres de BGFI Holding. En sollicitant une nouvelle fois l’épargne publique, le groupe contribue à tester la profondeur du marché financier d’Afrique centrale. La première phase avait déjà attiré plus de 7 600 souscripteurs issus de 24 pays. La deuxième doit désormais mesurer la capacité du marché à absorber une opération plus importante et à faire entrer davantage d’investisseurs dans le capital d’un groupe bancaire panafricain.
C’est ici que la dimension camerounaise prend toute son importance. Yaoundé concentre les institutions et les centres de décision, tandis que Douala constitue l’un des principaux pôles économiques et financiers de la sous-région. Aller à la rencontre des investisseurs dans ces deux villes revient donc à rapprocher une opération de marché des principaux détenteurs de capitaux et acteurs économiques de la CEMAC.
BGFIBourse et EDC Bourse accompagnent l’opération en qualité de principaux arrangeurs. La réussite de cette nouvelle tranche sera néanmoins jugée au-delà du montant collecté. Les investisseurs devront apprécier la capacité du groupe à transformer ces capitaux en croissance rentable, en nouvelles capacités de financement et en création de valeur.
C’est finalement tout le sens de cette opération. Pour BGFI Holding, l’enjeu consiste à démontrer qu’un groupe financier africain peut mobiliser son propre marché pour financer son expansion et associer davantage d’épargnants à sa trajectoire. Pour la BVMAC et la CEMAC, le test est tout aussi important. Si l’épargne régionale parvient à financer les entreprises qui portent la croissance du continent, le marché financier ne sera plus seulement un lieu de cotation. Il deviendra un véritable outil de souveraineté économique et de transformation régionale.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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