CAN 2025 : la CAF sous pression, Motsepe joue l’apaisement
Libreville, Mardi 31 Mars 2026 (Infos Gabon) – Deux mois après une finale remportée sur le terrain par le Sénégal, la Confédération africaine de football (CAF) se retrouve au cœur d’une tempête inédite.
La décision du jury d’appel d’attribuer la victoire au Maroc sur tapis vert (3-0) a ouvert une crise majeure, mêlant droit, sport et politique. Face à l’ampleur des tensions, son président, Patrice Motsepe, tente désormais de calmer le jeu tout en renvoyant l’issue du dossier à une instance supérieure : le Tribunal arbitral du sport (TAS).
Une décision qui fracture le football africain
Rarement une décision aura suscité autant d’incompréhension. Sur le terrain, le Sénégal s’était imposé (1-0), validant sportivement son sacre à la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025. Mais en coulisses, la procédure engagée a complètement rebattu les cartes, aboutissant à une décision administrative attribuant la victoire au Maroc.
Ce basculement brutal du sportif vers le juridique a profondément divisé. Pour certains, il s’agit d’un strict respect des règles. Pour d’autres, d’une remise en cause dangereuse de l’essence même de la compétition : la primauté du terrain.
Motsepe entre prudence et gestion de crise
C’est dans ce contexte explosif que Patrice Motsepe s’est exprimé dimanche, à l’issue d’une réunion du comité exécutif de la CAF au Caire. Sans entrer dans le fond du dossier, il a adopté une ligne claire : ne pas interférer dans le processus en cours et laisser le Tribunal arbitral du sport trancher définitivement.
Mais au-delà de cette prudence institutionnelle, le dirigeant sud-africain a surtout insisté sur la nécessité de préserver l’unité. « Le football doit unir et non diviser », a-t-il martelé, dans une tentative manifeste d’apaisement entre deux nations majeures du football africain.
Un discours qui vise à contenir une crise dont les répercussions dépassent largement le cadre sportif.
Le TAS, arbitre d’une crise de crédibilité
En transférant la décision finale au TAS, la CAF reconnaît implicitement la sensibilité et la complexité du dossier. L’instance internationale devient ainsi le dernier recours pour départager deux visions opposées : celle du résultat acquis sur le terrain et celle du verdict juridique.
Mais cette judiciarisation du football pose une question de fond : jusqu’où le droit peut-il redéfinir le résultat sportif sans fragiliser la crédibilité des compétitions ? Car quelle que soit l’issue, une partie des acteurs se sentira lésée. Et c’est bien là le cœur du problème : la perte de confiance.
Des réformes annoncées mais des zones d’ombre persistantes
Conscient de l’onde de choc provoquée par cette affaire, Patrice Motsepe a évoqué de futures réformes destinées à éviter la répétition de telles crises. Sans en préciser les contours, ces annonces traduisent une volonté de corriger les failles du système, notamment au niveau du VAR, arbitral et de gestion de litiges.
Mais elles soulèvent aussi des interrogations. Pourquoi réformer si le processus a été parfaitement maîtrisé ? Les procédures actuelles présentent-elles des fragilités ? Le traitement du recours lié à cette finale a-t-il révélé des dysfonctionnements internes ? Autant de questions qui restent, pour l’heure, sans réponse claire.
Un tournant pour le football africain
Au-delà du duel entre le Sénégal et le Maroc, cette affaire agit comme un révélateur. Elle met en lumière les tensions entre gouvernance, droit et performance sportive dans le football africain.
Elle interroge aussi la capacité des institutions à garantir des règles claires, transparentes et acceptées par tous. Car sans cette confiance, c’est toute la légitimité des compétitions qui vacille.
Restaurer l’essentiel : la crédibilité du jeu
En appelant à l’unité, Patrice Motsepe tente de préserver l’essentiel : la cohésion autour du football africain. Mais l’apaisement ne suffira pas. La véritable réponse viendra de la capacité de la CAF à tirer les leçons de cette crise.
Le verdict du Tribunal arbitral du sport sera déterminant. Il dira le droit. Mais il ne réglera pas tout. Car au-delà de la décision, c’est une exigence qui s’impose désormais : réconcilier le terrain et les institutions.
Sans cela, chaque victoire pourrait demain être contestée ailleurs que sur la pelouse, et c’est tout l’édifice du football africain qui en sortirait fragilisé.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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