Economie

Crise de l’eau au Gabon : la SEEG et SUEZ lancent un plan de 132 milliards pour rétablir l’approvisionnement

Libreville, Samedi 14 Mars 2026 (Infos Gabon) – Un partenariat stratégique pour sortir de la pénurie. Face aux difficultés persistantes d’accès à l’eau potable dans plusieurs villes du pays, la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) et le groupe français SUEZ ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération.

Réunis le 12 mars 2026 au siège de la société publique à Libreville, les responsables des deux entités ont officiellement lancé la phase opérationnelle de leur partenariat stratégique, destiné à transformer durablement le service public de l’eau au Gabon.

D’une durée de cinq ans, couvrant la période 2025-2030, ce programme mobilise un investissement estimé à 132 milliards de FCFA et vise un objectif ambitieux : améliorer la production et la distribution d’eau potable afin de réduire les pénuries qui affectent régulièrement les populations.

Une réponse à la crise du « stress hydrique »

Depuis plusieurs années, les interruptions d’eau et les problèmes de pression au robinet alimentent le mécontentement des usagers, en particulier dans le Grand Libreville et dans certains centres urbains de l’intérieur du pays.

Pour le directeur général de la SEEG, Steeve Saurel Legnongo, le partenariat avec SUEZ constitue une réponse directe à cette situation.

Selon lui, la société publique est aujourd’hui face à une responsabilité majeure : garantir un accès continu à l’eau et à l’électricité pour les populations.

Les responsables du projet reconnaissent que la situation actuelle reste difficile pour de nombreux ménages, contraints de s’organiser quotidiennement face aux coupures ou à la faible pression dans les réseaux.

Un programme structuré autour de 16 actions prioritaires

Fruit de deux années de préparation et d’un audit réalisé en 2024, le programme repose sur une série de mesures concrètes couvrant l’ensemble de la chaîne de production et de distribution de l’eau.

Au total, 16 actions prioritaires ont été identifiées. Elles concernent notamment la réhabilitation d’installations stratégiques, dont l’usine de traitement de Ntoum ; la modernisation des réseaux de distribution ; la recherche et la réparation des fuites ; la sectorisation du réseau pour mieux gérer la pression ; le remplacement des conduites vétustes.

Le programme prévoit également la modernisation du système de facturation, la lutte contre la fraude ainsi que la digitalisation progressive des outils de gestion.

Le « Lab », moteur technique du projet

Pour piloter cette transformation, les deux partenaires ont mis en place une structure dédiée baptisée « le Lab », conçue comme la cheville ouvrière du programme.

Cette plateforme réunit des experts du groupe SUEZ et des cadres de la SEEG qui travaillent en binômes afin de partager leurs compétences et de suivre l’avancement des projets.

Quatorze référents techniques gabonais ont été désignés pour coordonner les secteurs stratégiques, notamment les infrastructures, la qualité de l’eau, la logistique opérationnelle et la relation clientèle.

Miser sur le transfert de compétences

Au-delà des investissements techniques, les responsables du projet mettent en avant l’importance du transfert de savoir-faire.

Le directeur général de SUEZ, Alexandre Duzan, insiste sur la dimension collaborative du partenariat. Selon lui, l’objectif n’est pas de se substituer aux équipes locales mais de travailler avec elles afin d’améliorer la performance du réseau.

Il cite notamment l’exemple du Sénégal, où des méthodes similaires ont permis d’atteindre un taux d’accès à l’eau très élevé dans la capitale Dakar.

Des résultats attendus rapidement

Les responsables de la SEEG affirment que la phase opérationnelle doit désormais produire des effets visibles à court terme, notamment en réduisant les coupures d’eau et en améliorant la pression dans les quartiers les plus touchés.

Pour les dirigeants de la société publique, la réussite du programme repose aussi sur l’engagement des équipes techniques chargées de sa mise en œuvre.

L’ambition affichée est claire : transformer progressivement le réseau afin que l’accès à l’eau potable cesse d’être une source d’incertitude pour les ménages gabonais.

Dans un pays riche en ressources hydriques mais confronté à des infrastructures vieillissantes, ce partenariat est présenté comme une étape décisive pour rétablir la confiance des usagers et moderniser durablement le service public de l’eau.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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