Elections législatives au Gabon : un second tour décisif pour sceller la nouvelle majorité
Libreville, Jeudi 2 Octobre 2025 (Infos Gabon) – Les résultats du premier tour des élections législatives du 27 septembre, publiés par le ministère de l’Intérieur, ouvrent la voie à un second tour crucial prévu le 11 octobre. Si plusieurs ténors ont déjà validé leur élection dès la première manche, la bataille s’annonce âpre dans plusieurs circonscriptions où le sort de la future Assemblée nationale reste suspendu.
L’UDB en tête mais encore sous pression
Avec à peine trois mois d’existence, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), le parti du président Brice Clotaire Oligui Nguema, sort grand vainqueur du premier tour avec 55 députés élus. Ses candidats ont remporté les principaux duels, souvent avec des scores nets, mais le parti présidentiel devra confirmer cette dynamique au second tour. Sur les 145 sièges en jeu, une soixantaine reste encore à pourvoir, tandis que trois scrutins seront repris après annulation.
Le PDG sauve ses bastions
L’ancien parti au pouvoir, le Parti Démocratique Gabonais (PDG), bien qu’affaibli, conserve des points d’ancrage. Plusieurs de ses candidats affronteront l’UDB au second tour dans des bastions historiques, notamment dans le Haut-Ogooué et la Nyanga. Le PDG, qui a fait élire Jannot Kalima à Ngouoni et Edgard Anicet Mboumbou Miyakou dans la Haute-Banio, se présente comme la principale force d’opposition parlementaire en devenir ou un allié.
Alliés de la majorité : UN et RPM en embuscade
Aux côtés de l’UDB, ses alliés stratégiques consolident leurs positions. L’Union Nationale (UN) de Paulette Missambo et le Rassemblement pour la Patrie et la Modernité (RPM) d’Alexandre Barro Chambrier ont déjà fait élire des députés et comptent encore des candidats en ballotage. Dans certaines circonscriptions, des accords tacites ont permis d’éviter les affrontements directs entre alliés de la majorité, renforçant ainsi les chances de victoire commune.
Indépendants et figures locales, arbitres du scrutin
Le second tour met également en scène des indépendants ou dissidents capables de créer la surprise. Dans plusieurs localités, ils s’opposent à des candidats de l’UDB ou du PDG, obligeant les électeurs à des choix parfois plus locaux que nationaux. Certains de ces indépendants, bien implantés, pourraient jouer le rôle d’arbitres dans l’équilibre final des forces.
Un scrutin sous tension mais sous surveillance
Les contestations du premier tour, marquées par des bourrages d’urnes, l’absence de bulletins, isoloirs non adaptés ou le transport d’électeurs, continuent d’alimenter le débat. Le gouvernement a reconnu des « couacs » et remplacé six présidents de commissions électorales locales. Des scrutins seront repris dans certaines circonscriptions, et des contentieux devraient être tranchés par la Cour constitutionnelle et les tribunaux administratifs.
Malgré ces irrégularités, la dynamique politique est claire : le Gabon s’achemine vers une Assemblée dominée par le bloc présidentiel (UDB-UN-RPM), face à un PDG réduit mais encore influent. Le second tour du 11 octobre apparaît ainsi comme le véritable révélateur de la fin de la transition, en dessinant le visage de la première législature de la Ve République.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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