Fiscalité 2027 : Les industriels gabonais alertent sur le coût de la compétitivité
Libreville, Lundi 2 Novembre 2026 (Infos Gabon) – À l’approche de l’examen du projet de loi de finances 2027, les industriels gabonais comptent faire entendre leur voix. Reçue vendredi 30 octobre par le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Transformation, Emmanuel Eyeghe Nze, une délégation du Syndicat des industries du Gabon (Syndustrigab), conduite par sa présidente Claire Vial, a exposé ses inquiétudes face aux dispositions fiscales envisagées. Derrière cette démarche, une préoccupation centrale se dessine, celle de ne pas fragiliser davantage un appareil productif dont le développement reste un enjeu majeur pour l’économie nationale.
Cette audience avait d’abord valeur de prise de contact avec le nouveau ministre, nommé le 11 octobre dernier. Mais les échanges ont rapidement dépassé le cadre protocolaire pour aborder une question déterminante pour les entreprises, celle de l’impact de la fiscalité sur leurs conditions d’activité. Les représentants du Syndustrigab ont notamment alerté sur les conséquences potentielles de certaines mesures du prochain budget sur les coûts de production, les marges et, par extension, la capacité des entreprises à soutenir la concurrence.
Le sujet dépasse les seuls intérêts des opérateurs industriels. Dans une économie où la transformation locale des ressources, la diversification des activités et la création d’emplois constituent des objectifs affichés, la pression fiscale peut peser directement sur les décisions d’investissement. Une hausse des charges supportées par les entreprises peut réduire leurs capacités à moderniser leurs équipements, développer leurs unités de production ou recruter. Elle peut aussi compliquer la formalisation des activités, si le coût de l’exercice légal devient trop lourd pour certains acteurs.
Pour les industriels, l’enjeu est donc de préserver un environnement fiscal suffisamment prévisible et adapté aux réalités de la production. Leur démarche ne remet pas en cause le besoin de recettes de l’État, mais pose la question de leur mobilisation sans affaiblir les entreprises appelées à contribuer durablement à la richesse nationale.
Emmanuel Eyeghe Nze a reconnu l’importance des préoccupations soulevées. Il a rappelé la nécessité de rechercher un équilibre entre les impératifs de mobilisation des ressources publiques et la compétitivité du secteur productif. Le ministre s’est engagé à transmettre les observations du Syndustrigab aux instances gouvernementales compétentes afin qu’elles puissent être examinées. Il a également défendu le principe d’une fiscalité qui accompagne l’investissement et favorise la consolidation d’un écosystème industriel national.
Cette rencontre ouvre ainsi une séquence de concertation dont l’issue dépendra de la prise en compte effective des propositions formulées par les entreprises. À ce stade, aucune modification des mesures fiscales envisagées n’a été annoncée. Mais le dialogue engagé souligne une réalité économique fondamentale. La performance budgétaire de l’État et la vitalité du secteur industriel ne sont pas deux objectifs antagonistes. La question est de construire une fiscalité qui permette de financer l’action publique sans pénaliser ceux qui produisent, investissent et créent des emplois. C’est à cet équilibre que se mesurera, en partie, la portée économique du budget 2027.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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