Environnement

Forêts, climat, emplois : le Gabon et l’Union européenne scellent un partenariat stratégique jusqu’en 2030

Libreville, Mardi 24 Février 2026 (Infos Gabon) – Pays forestier par excellence, le Gabon entend consolider sa place dans l’économie verte.

Les autorités gabonaises et l’Union européenne ont signé lundi à Libreville une feuille de route destinée à encadrer leur coopération dans la gestion durable des forêts, la lutte contre la déforestation et le développement de nouvelles filières économiques liées aux ressources naturelles.

Au-delà du geste diplomatique, l’accord fixe des orientations concrètes à l’horizon 2030, à un moment où la valorisation des services environnementaux devient un enjeu économique et stratégique pour le pays.

Un capital forestier au cœur des enjeux

Avec près de 88 % de son territoire couvert par des forêts, le Gabon dispose de l’un des massifs forestiers les plus importants et les mieux préservés du bassin du Congo. La nouvelle feuille de route vise à maintenir ce faible niveau de déforestation tout en renforçant la contribution du secteur à la croissance économique.

Parmi les priorités annoncées figurent l’amélioration de la gouvernance forestière, la promotion d’une exploitation durable du bois et l’accélération de la transformation locale, afin d’augmenter la valeur ajoutée sur le territoire national.

L’objectif est clair : passer d’une logique d’exportation de matières premières à celle d’une filière industrielle plus compétitive et créatrice d’emplois.

Diversifier l’économie verte

Le partenariat ne se limite pas à la filière bois. Les deux parties entendent également développer de nouveaux segments liés à la valorisation des écosystèmes : produits forestiers non ligneux, écotourisme, marchés du carbone ou encore mécanismes de compensation pour la biodiversité.

Ces activités émergentes pourraient, à terme, constituer des sources de revenus complémentaires pour l’État et les communautés locales, tout en renforçant les incitations à la conservation.

L’accord prévoit par ailleurs un accent particulier sur l’emploi et l’inclusion des populations vivant à proximité des zones forestières, souvent en première ligne face aux enjeux de conservation.

Un cadre politique et technique structuré

Signée par l’ambassadrice de l’Union européenne, Cécile Abadie, et le ministre des Eaux et Forêts, Maurice Ntossui Allogo, en présence des représentants diplomatiques de plusieurs États membres, la feuille de route établit un cadre de dialogue régulier entre Libreville et Bruxelles.

Elle prévoit des objectifs mesurables en matière de climat, de biodiversité et de gouvernance, avec un suivi technique destiné à évaluer les progrès réalisés.

Parmi les engagements figure également l’ambition d’atteindre 30 % d’aires protégées d’ici 2030, un seuil qui placerait le Gabon parmi les pays les plus engagés au monde en matière de conservation.

Entre diplomatie environnementale et enjeux économiques

Ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie plus large du Gabon visant à monétiser son rôle de « puits de carbone » tout en attirant des financements internationaux liés à la transition écologique.

Pour l’Union européenne, partenaire majeur dans les politiques climatiques globales, l’accord renforce sa présence dans le bassin du Congo, considéré comme un espace clé pour la régulation du climat mondial.

Reste désormais à transformer les engagements en résultats concrets sur le terrain. Car au-delà des déclarations, la réussite du partenariat dépendra de la capacité à concilier conservation, développement économique et bénéfices palpables pour les populations locales.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

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