Gabon : 24,8 milliards pour l’eau et l’énergie sous pression des résultats
Libreville, Lundi 12 Octobre 2026 (Infos Gabon) – L’audition de l’ancien ministre Philippe Tonangoye devant les députés met en lumière le décalage entre l’augmentation des moyens budgétaires et l’impatience des populations face aux difficultés persistantes d’accès à l’eau potable et à l’électricité. Au-delà des chiffres, l’examen de la loi de règlement 2025 pose une question centrale pour l’action publique gabonaise, celle de la transformation des crédits engagés en améliorations concrètes du quotidien.
La commission des Finances de l’Assemblée nationale poursuit l’examen du projet de loi de règlement 2025. Dans ce cadre, l’ancien ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie, Philippe Tonangoye, a présenté aux députés les éléments relatifs à la gestion et au contrôle des ressources hydrauliques et énergétiques au titre de l’exercice budgétaire écoulé. Une audition qui intervient alors que les attentes sociales restent fortes sur deux besoins essentiels au développement économique et à la dignité des ménages.
Selon les chiffres communiqués par le membre du gouvernement, l’enveloppe budgétaire de son département s’est élevée à 24 830 631 736 FCFA en 2025, contre 18 336 721 526 FCFA dans la loi de finances rectificative de 2024. L’écart représente 6 493 910 210 FCFA supplémentaires, soit une progression d’environ 35,4 %. Cette hausse traduit, selon le ministre, la volonté de soutenir les priorités du secteur. Elle ne constitue toutefois pas, à elle seule, la preuve d’une amélioration des services rendus aux usagers.
Des crédits aux réalisations, l’exigence de transparence
Philippe Tonangoye a indiqué que les ressources prévues devaient contribuer à l’amélioration de l’offre d’électricité, à la réalisation d’infrastructures hydrauliques et à l’élaboration de politiques nationales de sûreté radiologique. Ces orientations couvrent des enjeux distincts, mais complémentaires, qui nécessitent des investissements suivis, une planification rigoureuse et une coordination efficace des interventions publiques.
Le ministre a également invité les parlementaires à effectuer des visites de terrain sur les sites de Bisségué, d’Akournam et de Ntoum afin de constater l’état d’avancement des travaux. Il les a appelés, par ailleurs, à identifier dans les villages de leurs départements respectifs les sites susceptibles d’accueillir des kits solaires, dans l’objectif d’élargir l’accès à l’électricité.
Ces propositions donnent une dimension concrète au contrôle parlementaire. Les visites peuvent permettre de confronter les annonces aux réalisations, de relever les retards éventuels et de mieux apprécier les besoins locaux. Pour être pleinement utiles, elles devront s’accompagner d’un suivi des chantiers, de données vérifiables et d’une clarification des délais de mise en service. L’enjeu n’est pas seulement de dépenser les crédits autorisés, mais de démontrer leur efficacité.
L’impatience des populations comme indicateur
Au cours des échanges, les députés ont insisté sur les difficultés persistantes d’approvisionnement en eau potable et en électricité sur l’ensemble du territoire. Le président de l’Assemblée nationale, Michel Régis Onanga M. Ndiaye, a rappelé l’impatience des Gabonais et appelé le gouvernement à communiquer sur des éléments réels afin d’accompagner le chef de l’État dans sa mission.
Cette intervention souligne une exigence de responsabilité publique. Lorsque les difficultés d’accès aux services essentiels perdurent, la communication institutionnelle ne peut se limiter à présenter des enveloppes financières ou des objectifs généraux. Elle doit permettre aux citoyens de comprendre ce qui a été réalisé, ce qui reste à faire, les obstacles rencontrés et les échéances prévues.
L’accès à l’eau et à l’énergie conditionne directement la santé, l’éducation, l’activité économique et l’attractivité des territoires. Les disparités entre zones urbaines et rurales rendent également indispensable une politique qui associe investissements structurants, solutions décentralisées et maintenance durable des équipements.
L’examen de la loi de règlement 2025 place ainsi le débat au-delà de la seule comptabilité publique. Il invite à mesurer la performance de l’action gouvernementale à l’aune des résultats accessibles aux populations. La hausse des crédits ne prendra tout son sens que si elle se traduit par davantage d’eau potable, une électricité plus fiable et des services mieux répartis sur le territoire. Pour les autorités comme pour les parlementaires, la priorité est désormais de rendre ces progrès mesurables, vérifiables et perceptibles dans la vie quotidienne des Gabonais.
Signalons que depuis dimanche, Philippe Tonangoye n’est plus ministre. Son poste est désormais occupé par Olivier Mouckocko suite au remaniement du gouvernement intervenu dans la soirée.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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