Politique

Gabon : Après les violences de samedi, le Ministre de l’intérieur indexe l’opposition

Libreville, Lundi 22 Décembre 2014 (Infos Gabon) – Le Front Uni de l’Opposition a tenté d’organiser un meeting interdit samedi, à Rio, un grand carrefour situé dans le 3ème arrondissement de Libreville, la capitale gabonaise. Un rendez-vous qui s’est ensuite transformé en affrontements entre manifestants et forces de l’ordre principalement dans le 2ème et 3ème arrondissement, occasionnant des dégâts matériels importants et un mort, selon le Ministère de l’Intérieur, qui a accusé les organisateurs d’être responsables de ces actes.

Dressant le bilan des manifestations organisées samedi après-midi par le Front Uni de l’Opposition marquées par d’importants dégâts matériels et une perte en vie humaine, Guy Bertrand Mapangou, le Ministre gabonais de l’Intérieur, a accusé, dimanche, au cours d’un point de presse, les les leaders du Front d’être responsables de ces dérives.

« Ces personnalités politiques dont certains ont ouvertement lancé des appels à l’insurrection pendant plus d’une semaine à travers les médias et tracts sont de toutes évidences responsables du triste bilan de cette manifestation », a indiqué Guy Bertrand Mapangou, déplorant la mort d’un jeune compatriote Bruno BEKA, étudiant à l’ENAM, décédé hors du théâtre de la manifestation de Rio.

Et d’ajouter : « ce crime ne restera pas impuni, d’autant que les 10 personnes qui transportaient la dépouille de ce compatriote sur le toit d’un véhicule à usage de taxi de marque Toyota Corolla immatriculé CV 879 AA conduit par Monsieur Cyriel MEBOUNE NGUEMA BIYOGHE de nationalité gabonaise, ont été interpelées à la hauteur du rond-point de la démocratie ».

Le Ministre de l’intérieur a signalé, dans le cadre de ce bilan, des blessés au sein des Forces de l’ordre et des dégâts matériels, notamment des destructions et pillages des magasins, stations-services et caillassage des véhicules.

S’agissant des interpellations, il a fait état d’une centaine de personnes dont 90 gabonais et une dizaine de ressortissants étrangers.

« Je tiens à préciser que certaines d’entre elles étaient en possession d’armes blanches, de bidons d’essence et d’autres visiblement sous l’effet de la drogue », a précisé Guy Bertrand Mapangou.

Dans un communiqué daté du 19 décembre 2014, le Ministre de l’intérieur avait informé l’opinion publique nationale et internationale de sa décision d’interdire le meeting prévu à RIO le 20 décembre 2014 à 13 heures, et dont la tenue avait été déclarée auprès de ses services par quelques responsables des partis politiques de l’opposition, notamment Pierre André KOMBILA KOUMBA (RNB), Joseph Benoît MOUITY NZAMBA (PGP), Filbert MAYOMBO (EPI), André MBOUROU (UDPS) et Marcel MALOLAS (URDP).

« Comme je l’indiquais dans cette communication, ma décision d’interdire cette réunion publique avait pour fondement des indices concordants et probants sur la possible perturbation de l’ordre public consécutive à l’infiltration de ladite manifestation par des éléments incontrôlés comme ils l’ont d’ailleurs reconnu eux-mêmes au cours de l’audience que je leur ai accordée le 19 décembre 2014 à 10h, à cet effet », a déclaré Guy Bertrand Mapangou.

Et de poursuivre : « Malgré cette interdiction, les responsables des partis politiques ci-dessus visés, ainsi que d’autres responsables des partis, regroupements de partis politiques se réclamant de l’opposition à l’instar de François ONDO EDOU, Jean PING, Pierre AMOUGHE MBA, Jean EYEGHE NDONG, Paulette MISSAMBO, Luc BENGONE NSI, Fabien MBENG EKOROZOCK, MOUKAGNI IWANGOU ont néanmoins maintenu cette réunion publique ».

Suite aux conséquences énumérées ci-dessus, le patron de l’Intérieur ne pouvait que se vanter pour avoir interdit la tenue de ce meeting.

« Nous pouvons tous constater que le Ministère de l’Intérieur avait bien raison d’interdire cette manifestation qui a malheureusement occasionné la perte d’un compatriote alors que celle-ci aurait pu être évitée si les acteurs politiques se réclamant de l’opposition à l’origine de ce meeting avaient fait preuve de responsabilité », a expliqué Guy Bertrand Mapangou.

Toutefois, M. Mapangou a interpellé les leaders politiques et d’opinions de tous bords sur la nécessité de respecter les principes républicains en vigueur dans toutes les démocraties, c’est-à-dire le respect de l’autorité, des lois et règlements, de l’ordre public et des droits d’autrui. Les populations seront invitées à la même occasion au calme et à la vigilance.

FIN/INFOSGABON/PM/2014

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