Gabon – École paralysée, année en péril : la Présidence lance un appel pressant aux enseignants
Libreville, Vendredi 23 Janvier 2026 (Infos Gabon) – Alors que les salles de classe demeurent vides depuis plusieurs semaines à travers le pays, la Présidence de la République a haussé le ton.
Lors d’une conférence de presse tenue mercredi au Palais présidentiel, le porte-parole de la Présidence, Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe, a exhorté les enseignants en grève générale illimitée à faire preuve d’apaisement afin d’éviter une année scolaire blanche.
« Il est impératif, collectivement, de sauver l’année scolaire de nos enfants », a martelé le Conseiller porte-parole, dans un contexte de crise éducative devenue l’une des principales préoccupations nationales.
Une conférence sous le signe de la gravité
Cette rencontre avec la presse, la première de l’année et entièrement consacrée à l’actualité nationale, s’est ouverte sur une note solennelle. Avant toute communication officielle, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a invité l’assistance à observer une minute de silence en hommage à Brice Ndong, journaliste décédé la veille dans des circonstances tragiques.
Au nom du Président de la République, il a présenté les condoléances de l’État à la famille du défunt, à ses confrères et à l’ensemble de la corporation journalistique. « Brice Ndong était un brillant journaliste. Il va nous manquer », a-t-il déclaré, visiblement ému.
Une crise éducative aux conséquences nationales
Entrant dans le vif du sujet, le porte-parole est longuement revenu sur la grève observée depuis décembre 2025 par les enseignants réunis au sein de la plateforme SOS Éducation. Le mouvement, qui touche l’ensemble du territoire, a entraîné l’arrêt total des cours dans les établissements publics du pré-primaire, du primaire et du secondaire depuis le début de l’année 2026.
Les syndicats réclament notamment la régularisation de situations administratives parfois bloquées depuis plusieurs années, le paiement des rappels de solde, ainsi qu’une amélioration globale des conditions de travail.
Des revendications jugées légitimes par l’État
Sur ce point, Théophane Nzame-Nze Biyoghe a tenu à lever toute ambiguïté : le gouvernement reconnaît le caractère légitime des revendications portées par les enseignants. Il a rappelé que ce malaise est le fruit d’un « passif lourd », hérité de « décennies de tergiversations et de mauvaise gestion ».
Pour autant, a-t-il souligné, cet héritage ne peut être résorbé instantanément. « Les solutions durables nécessitent du temps, de la méthode et de la responsabilité collective », a-t-il insisté.
Des engagements déjà actés
Le porte-parole a mis en avant plusieurs mesures concrètes déjà engagées sous la coordination directe du Chef de l’État et Chef du gouvernement, Brice Clotaire Oligui Nguema. Parmi celles-ci : la mise en solde de 328 enseignants issus des Écoles normales, soit la totalité des dossiers concernés ; l’intégration progressive de 692 sortants des ENI et ENS, selon un calendrier concerté ; la régularisation de 1 810 anciens enseignants bénévoles ; ainsi que le traitement progressif de 4 000 situations administratives, incluant titularisations et avancements.
Selon la Présidence, les effets de ces engagements devraient être perceptibles dès la fin du mois prochain.
L’éducation, priorité présidentielle
Au-delà de la gestion immédiate de la crise, le porte-parole a rappelé les actions structurelles engagées depuis le début de la Transition pour renforcer le système éducatif : construction, extension et réhabilitation de 296 infrastructures scolaires depuis septembre 2023, rétablissement des bourses d’études, et création de nouveaux instituts de formation des enseignants, notamment à Franceville et Oyem.
« Chacun d’entre nous, y compris le Président de la République, doit ce qu’il est aujourd’hui à un ou plusieurs enseignants », a-t-il rappelé, soulignant la place centrale de l’éducation dans la vision de développement du Gabon.
Un appel à la responsabilité collective
Face à l’impasse actuelle, la Présidence appelle à la reprise du dialogue et à un sursaut de responsabilité. Si les enseignants exigent des négociations directes avec le Chef de l’État assorties d’un protocole d’accord, l’exécutif, de son côté, plaide pour un apaisement rapide afin de préserver l’avenir scolaire de milliers d’enfants.
« Sauver l’année scolaire est une responsabilité partagée », a conclu Théophane Junior Nzame-Nze Biyoghe, lançant un appel solennel à l’ensemble de la communauté éducative.
Dans un pays où l’école demeure un pilier de la cohésion sociale, l’issue de cette crise pourrait bien constituer un test majeur pour la gouvernance sociale.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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