Gabon – Mandat de dépôt de Libama et Ndong Edzo : Me Élodie Mabika Sauze appelle à une justice ferme mais humaine
Libreville, Jeudi 22 Janvier 2026 (Infos Gabon) – La décision judiciaire ayant conduit au placement sous mandat de dépôt de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, figures emblématiques du mouvement syndical gabonais, continue de susciter de vives réactions.
Parmi elles, celle de Me Élodie Mabika Sauze, avocate gabonaise établie en France, qui livre une analyse à la fois juridique, citoyenne et profondément humaine de cette affaire sensible.
Une affaire judiciaire aux enjeux multiples
Dans une prise de position rendue publique, Me Mabika Sauze rappelle d’emblée que cette décision judiciaire s’inscrit dans un contexte national marqué par la volonté affichée des autorités de faire de la justice la pierre angulaire du « Gabon nouveau ». Pour la juriste, il est essentiel d’examiner cette affaire à la lumière des principes constitutionnels, mais aussi des réformes institutionnelles engagées.
« La liberté syndicale et le droit de grève sont des piliers démocratiques consacrés par notre Constitution », souligne-t-elle, tout en rappelant que leur exercice doit s’inscrire dans un cadre légal garant de l’équilibre et de la stabilité de la Nation.
La détention provisoire doit rester l’exception
Si Me Mabika Sauze reconnaît la légitimité de l’action judiciaire dans un État de droit, elle insiste toutefois sur un principe fondamental : la privation de liberté doit demeurer exceptionnelle. « La force de l’État de droit réside aussi dans sa capacité à garantir que la détention ne soit pas la règle », affirme-t-elle, en cohérence avec l’esprit des réformes actuelles.
Pour l’avocate, le droit gabonais offre suffisamment de garanties pour concilier fermeté judiciaire et respect des libertés individuelles. Elle appelle ainsi les conseils des deux syndicalistes à user avec rigueur des mécanismes prévus par le Code de procédure pénale, notamment les demandes de mise en liberté provisoire et les voies de recours.
Le droit comme voie de sortie
Selon Me Mabika Sauze, c’est précisément dans le strict respect des procédures que l’État moderne se distingue. « C’est par le droit que la liberté doit être recouvrée », insiste-t-elle, estimant que cette rigueur procédurale est la meilleure protection contre les dérives et les interprétations politiques des décisions de justice.
Une parole empreinte d’humanité et de solidarité
Au-delà de l’analyse juridique, la juriste adopte un ton profondément humain. En tant que citoyenne et sœur, elle exprime sa solidarité envers Marcel Libama, Simon Ndong-Edzo et leurs familles. Elle rappelle que ces hommes ont consacré leur vie à la défense des travailleurs et que leur rôle naturel, dans le Gabon en construction, est celui d’acteurs du débat social.
« Nul ne peut rester insensible à la détresse de compatriotes confrontés à l’enfermement », écrit-elle, soulignant que la détention de leaders syndicaux pose aussi la question du climat social et du dialogue républicain.
Un appel à la concertation dans le secteur éducatif
Me Mabika Sauze adresse enfin un appel solennel au ministère de l’Éducation nationale, l’invitant à privilégier la concertation plutôt que la coercition. Dans un secteur aussi stratégique que l’éducation, le recours à la rigueur judiciaire pour résoudre des différends syndicaux pourrait, selon elle, fragiliser l’image de la justice et nourrir un sentiment d’instrumentalisation.
Pour préserver la sérénité des réformes et éviter une fracture durable avec le corps enseignant, l’avocate plaide pour un rôle de médiateur éclairé de l’autorité de tutelle.
Bâtir des ponts pour préserver la concorde nationale
Au final, Me Élodie Mabika Sauze estime que la véritable force de l’État se mesure à sa capacité à négocier de bonne foi. « En bâtissant des ponts plutôt que des murs », écrit-elle, le Gabon pourra garantir la concorde nationale indispensable à son développement et à l’essor durable de la République.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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