Gabon : ensemble pour former les bâtisseurs
Libreville, Jeudi 4 Juin 2026 (Infos Gabon) – Dans un pays où la diversification économique est devenue une priorité nationale, l’entrepreneuriat n’est plus seulement un choix individuel. Il s’impose désormais comme un enjeu stratégique de développement.
La formation organisée par la Banque pour le Commerce et l’Entrepreneuriat du Gabon (BCEG) au profit de cinquante jeunes du Centre de Compétences Professionnelles et Entrepreneuriales Zita Oligui Nguema (CCPEZON) illustre cette évolution. Derrière cette initiative se dessine une ambition plus large. Préparer une nouvelle génération capable de transformer les idées en entreprises viables et les projets en moteurs de croissance.
À l’heure où le Gabon cherche à renforcer son tissu de petites et moyennes entreprises, la question de l’accompagnement des jeunes porteurs de projets devient centrale. Les statistiques africaines montrent en effet que l’un des principaux obstacles à la survie des entreprises naissantes demeure le déficit de compétences en gestion, en planification financière et en maîtrise des risques. C’est précisément sur ces leviers que la BCEG a choisi d’intervenir.
L’entrepreneuriat comme compétence stratégique
Réunis à l’atelier PME d’Oloumi, les bénéficiaires issus de l’Université Omar Bongo et du CCPE’ZON ont suivi une formation axée sur trois dimensions essentielles à la réussite entrepreneuriale.
La première concerne la cartographie financière, souvent négligée par les jeunes créateurs d’entreprise. Comprendre les flux financiers, identifier les besoins de trésorerie et anticiper les contraintes budgétaires constituent pourtant les fondements de toute activité économique durable.
Le second volet portait sur l’élaboration de plans d’affaires à travers l’utilisation de l’intelligence artificielle. Cette orientation témoigne de l’évolution rapide des outils entrepreneuriaux. Dans un environnement économique mondialisé, la capacité à utiliser efficacement les technologies numériques devient un avantage compétitif majeur. Les participants ont ainsi été initiés à la formulation de requêtes stratégiques permettant de tirer pleinement parti des solutions d’intelligence artificielle dans la conception et la structuration de leurs projets.
La gestion des risques qui boucle la série, a occupé une place importante dans les échanges. Dans un contexte économique marqué par les mutations technologiques, les fluctuations des marchés et les contraintes réglementaires, la capacité à anticiper les risques devient un facteur déterminant de résilience.
Un investissement dans le capital humain
Au-delà des connaissances techniques transmises, cette initiative traduit une évolution de la conception même du développement économique. Longtemps centrées sur les infrastructures physiques, les politiques publiques accordent désormais une place croissante au capital humain.
Les propos de la formatrice bénévole de la BCEG, Oyé, illustrent cette dynamique. Selon elle, les participants ont démontré un réel intérêt pour les notions abordées et plusieurs disposent déjà de projets concrets susceptibles de déboucher sur des activités économiques créatrices de valeur.
Cette réalité mérite d’être soulignée. Le Gabon dispose d’une jeunesse de plus en plus instruite, connectée aux évolutions du monde et désireuse d’entreprendre. Toutefois, l’écart entre l’idée et la création d’entreprise reste souvent considérable. L’accès à l’information, à l’accompagnement et à la formation constitue donc une étape indispensable pour réduire le taux d’échec des projets entrepreneuriaux.
Dans cette perspective, le rôle des institutions financières évolue également. Elles ne sont plus seulement des structures de financement. Elles deviennent progressivement des partenaires de développement capables de transmettre des compétences, d’encadrer les porteurs de projets et de participer à la construction d’un écosystème entrepreneurial plus solide.
Construire l’économie de demain
L’expérience vécue par les jeunes du CCPE’ZON révèle une tendance de fond. L’avenir économique du Gabon dépendra autant de sa capacité à attirer les investissements que de son aptitude à former des entrepreneurs capables de créer de la richesse localement.
Le témoignage de Jules Mba N., étudiant à l’Université Omar Bongo, est révélateur de cette réalité. Pour lui, les connaissances acquises permettront de mieux structurer son projet et de progresser avec davantage de confiance. Derrière cette déclaration se cache un enjeu plus vaste. Celui de transformer l’ambition individuelle en création de valeur collective.
L’insertion professionnelle des jeunes demeure l’un des défis majeurs du continent africain. Face à cette réalité, le développement de l’entrepreneuriat apparaît comme une réponse crédible et durable. Encore faut-il que les porteurs de projets disposent des outils nécessaires pour réussir.
La formation organisée par la BCEG ne résout pas à elle seule les défis de l’entrepreneuriat gabonais. Elle envoie cependant un signal important. Celui d’un pays qui comprend que la croissance de demain se construira moins par la rente que par l’innovation, moins par la dépendance que par l’initiative.
Former des entrepreneurs aujourd’hui, c’est préparer les créateurs d’emplois de demain. Dans cette bataille économique mondiale où le talent devient la première richesse des nations, le véritable investissement stratégique n’est plus seulement financier. Il est humain.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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