Gabon : Grand Libreville, le relogement à l’épreuve du terrain
Libreville, Mardi 3 Novembre 2026 (Infos Gabon) – À la veille des démolitions prévues à Okala, Lac Bleu et Diba-Diba, le gouvernement gabonais accélère sur plusieurs fronts. Concertation interministérielle, indemnisation des propriétaires, aménagement de parcelles à Malibé 2 et construction de logements à Bikelé-Nzong composent désormais un dispositif destiné à accompagner les populations déplacées par les grands chantiers routiers. Derrière cette mobilisation, une question essentielle se dessine : comment moderniser une capitale sans fragiliser davantage ceux qui y vivent ?
La séquence ouverte entre le 1er et le 2 novembre 2026 traduit une volonté de coordonner les différentes composantes du Plan complet de relogement. Dimanche, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a réuni les membres du gouvernement concernés, la gouverneure de l’Estuaire et les maires d’Akanda pour examiner la situation à Okala, Lac Bleu et Diba-Diba. À trois jours du démarrage annoncé des démolitions, cette réunion a porté sur les indemnisations, la scolarité, l’accompagnement social et l’attribution de parcelles. L’objectif affiché est de faire avancer les infrastructures sans dissocier l’aménagement urbain de la prise en charge des familles concernées.

Trois fronts pour organiser le relogement
Le lendemain, le ministre des Travaux publics et de la Construction, Millot Lambert Mouvinde, s’est rendu à Bikelé-Nzong pour évaluer l’avancement du chantier de relogement. Les données présentées font état de 45 villas prises en charge dans le cadre du projet des bassins versants de Terre-Nouvelle et de 260 logements attribués aux populations déplacées de Plaine-Orety, soit 305 logements concernés par ces deux opérations. À l’échelle du programme, environ 325 unités auraient déjà été réalisées, sur un objectif final de 1 070.
Financé par la Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC), le projet prévoit des logements raccordés à l’eau et à l’électricité, avec délivrance de titres fonciers aux bénéficiaires. Cette sécurisation juridique constitue un élément déterminant. Être relogé ne signifie pas seulement disposer d’un toit, mais pouvoir établir durablement ses droits sur un bien et reconstruire sa vie dans un cadre stable.
Un autre volet se déploie à Malibé 2. Dès le samedi 31 octobre, le ministre avait visité le site où le gouvernement aménage des parcelles destinées à certains ménages affectés par les opérations. Ces terrains doivent être viabilisés et assortis de titres fonciers. Le dispositif prévoit également des guichets d’accompagnement à Okala, aux Charbonnages et à Diba-Diba, ainsi qu’une attention particulière aux ménages vulnérables.
Okala, le volet financier bouclé
Cette mobilisation a connu une étape importante le lundi 2 novembre avec la remise des derniers chèques d’indemnisation aux propriétaires d’Okala. Au total, 69 biens ont été recensés dans l’emprise du prolongement de la route de contournement de l’aéroport et leurs 69 propriétaires ont été indemnisés pour une enveloppe globale de 2 580 918 867 FCFA, soit près de 2,6 milliards. La compensation individuelle la plus élevée atteint 640,8 millions de FCFA.
Cette opération clôt le volet financier annoncé pour les propriétaires recensés dans cette zone. Elle ne doit toutefois pas être confondue avec l’ensemble des personnes concernées par les démolitions à venir. Selon les chiffres communiqués lors de la visite à Bikelé-Nzong, 69 bâtiments sont concernés à Okala et 203 sur l’axe Lac Bleu-Diba-Diba. Les situations et les mesures d’accompagnement ne sont donc pas nécessairement identiques pour tous les ménages.
La réussite se mesurera après les démolitions
Le 4 novembre marque une échéance majeure avec le lancement annoncé des opérations sur les emprises des futurs axes routiers. La nécessité de désengorger le Grand Libreville et d’améliorer les déplacements est réelle. Mais l’efficacité d’une politique d’aménagement ne se mesure pas uniquement à la rapidité des démolitions ou à l’ouverture de nouvelles voies.
Elle se mesurera aussi à la qualité des logements livrés, à la viabilisation effective des parcelles de Malibé 2, à la continuité de la scolarité et à la capacité des familles à retrouver des conditions de vie satisfaisantes. Le relogement doit être un parcours accompagné, pas une simple opération administrative.
Le gouvernement a engagé plusieurs réponses financières, foncières et sociales. Il lui appartient désormais d’en garantir l’exécution et d’en rendre compte. Une ville moderne ne se construit pas seulement avec des routes plus larges. Elle se construit aussi avec des habitants protégés dans leurs droits, associés aux décisions et capables de prendre leur place dans la ville nouvelle.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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