Politique

Gabon : Jean Ping reconnait enfin la victoire d’Ali Bongo

Libreville, Dimanche 1er Avril 2018 (Infos Gabon) – Le candidat malheureux à la dernière élection présidentielle renonce à la violence et entend se réconcilier avec le chef de l’Etat dans l’intérêt général du pays.

Le modèle Kenyan sert d’exemple aux autres Africains. La réconciliation récente du président Uhuru Kenyatta et l’opposant Raïla Odinga a inspiré les politiques gabonais à résoudre leurs problèmes. Après de longs mois de négociations en coulisses avec le régime, Jean Ping a finalement décidé de tourner la page de la crise post-électorale et de regarder désormais vers l’avenir. Le leader de la Coalition pour la nouvelle République (CNR), reçu de longues heures durant samedi soir au palais du bord de mer à Libreville, a reconnu au sortir de l’audience la victoire d’Ali Bongo Ondimba à l’élection présidentielle d’août 2016.

Tout en invitant ses partisans à mettre un terme aux mouvements de violence et à la désobéissance contre les institutions de la République, l’opposant a appelé de tous ses vœux à une réconciliation rapide entre tous les Gabonais. Il a par la suite mis en garde ceux qui de leur propre chef viendraient à dévier l’autorité de l’Etat. Dans un propos plein de sagesse, l’opposant met en avant, l’intérêt supérieur de la nation.

«J’en appelle au calme. Le Gabon a plus que jamais besoin de paix et pour cela, tous ses filles et fils doivent s’unir pour cet idéal. Il y a un temps pour combattre, il y a aussi un temps pour dialoguer et faire la paix. Je crois que l’heure a sonné pour se mettre ensemble. Taisons nos égos pour faire passer le Gabon avant», a-t-il souligné.

«Quel Gabon voulons-nous laisser à nos enfants? Je dis non au désordre ! Je dis non à la haine !», a martelé l’ancien président de la Commission de l’Union africaine (UA).

Pour lui, une véritable réconciliation passe aussi par le pardon. C’est pourquoi il a promis de retirer les plaintes qu’il a déposées ici et là contre le gouvernement, suite aux résultats et autres actes de cette élection. Il a ce sujet invité le pouvoir en place à en faire de même en libérant les prisonniers politiques et à proclamer une loi d’amnistie.

Avant de quitter définitivement les lieux, il a appelé à une union sacrée de l’opposition pour mieux affronter les prochaines élections législatives. Car, selon lui, divisée, celle-ci déroule le tapis rouge à la majorité qui pourrait réaliser une razzia.

«Il est temps que les uns et les autres comprennent que l’heure de la réconciliation a sonné. En rangs serrés, nous vaincrons. Mais, dispersés, nous serons vaincus. Que l’opposition se mette ensemble autour d’un projet commun qui va contribuer à inverser la tendance et mettre le régime au pas», a déclaré Jean Ping.

Le leader de la Coalition pour la nouvelle République entend lui-même prendre part à cette échéance qui, selon lui, reste capitale pour l’enracinement de la démocratie au Gabon.

Cette sortie plutôt inattendue du farouche opposant au régime de Libreville est un signe d’apaisement qui vient décrisper définitivement l’atmosphère politique délétère qui prévalait dans le pays depuis la présidentielle de 2016. Par cet appel, Jean Ping a choisi la voie de la sagesse et montrer aux yeux du monde qu’il reste avant tout un patriote soucieux de l’intérêt du Gabon.

Il saisit ainsi cette main tendue d’Ali Bongo Ondimba qui a appelé depuis des mois à l’unité nationale. Lors de son adresse à la nation le 31 décembre dernier, le chef de l’Etat avait indiqué que 2018 sera une année de cohésion et de réalisations et qu’il restait ouvert au dialogue. Avec le revirement aujourd’hui de M. Ping, cet appel a reçu un écho des plus favorables. Preuve que pour les deux camps, le Gabon passera toujours avant tout.

FIN/INFOSGABON/PM/2018

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