Economie

Gabon:La dette comme elle va

Libreville, Lundi 4 Janvier 2021 (Infos Gabon)- Une note d’analyse conjoncturelle publiée par le ministère de l’Economie et de la Relance dresse un état des lieux de la situation depuis 2016. L’intégralité du texte du gouvernement.

Après une tendance baissière sur le période 2016 -2019,  le  taux   d’endettement  s’est à nouveau inscrit à la hausse. Il convient d’indiquer qu’au cours des dernières années, la stratégie d’endettement visait la relance économique par l’investissement public avec un souci de maitrise des ratios d’endettement  à moyen terme. Il importe de rappeler que la surveillance multilatérale fixe le critère  du taux d’endettement à  70%  du  PIB.  Ce ratio fait intervenir, le stock de la dette et le Produit Intérieur   Brut (PIB)  qui est un indicateur  de la richesse créée dans notre pays.

 Après une augmentation  mécanique en 2016,   le taux d’endettement  s’est inscrit  dans  une tendance baissière. En effet, en vue  d’améliorer le suivi et   la transparence des statistiques de nos finances publiques,  le Gouvernement a décidé  depuis d’adopter 2017 une approche plus  large  des  engagements de l’Etat. C’est ainsi qu’à la dette traditionnellement gérée dans les livres de la Direction Générale de la Dette se sont ajoutés les  arriérés de TVA,  les Instances du  Trésor  et les avances statutaires de la Banque des Etats  de l’Afrique Centrale (BEAC). La mise en application de cette décision a entrainé une augmentation  de près de 30 points du PIB entre 2013 et 2016 pour s’établir à 64% du PIB. 

A la faveur des efforts de redressement mis en œuvre à travers  des  réformes structurelles, l’encours de la dette rapporté au PIB se situait à 59% à fin  2019.  Ce  qui  traduit  une baisse significative comparativement à 2016.

Cette  orientation  favorable de l’indicateur de l’endettement a été particulièrement contrainte par (3) facteurs qui ont entrainé une nouvelle dynamique à la hausse. Le premier s’inscrit dans le cadre du dialogue que le Gouvernement a instauré avec le secteur privé et qui a emmené au constat qu’un certain nombre d’engagements publics avaient été pris par les gestionnaires de crédits sans suivre la procédure budgétaire traditionnelle. C’est ainsi qu’un audit des dépenses extrabudgétaires des exercices2015-2017 a été engagé. Les résultats provisoires dudit exercice ont été partagés en 2019.

Le second facteur a trait aux conséquences de la Covid-19 sur l’économie réelle. En effet, alors que nous anticipions une  franche relance de l’économie, les effets négatifs  de la propagation du coronavirus ont  entrainé une contraction du PIB. La croissance réelle se situerait entre     -1% et -2% en 2020 au lieu d’une prévision dans la loi de finances initia-

-le à+3,6%. En d’autres termes,  le  PIB  qui est le  dénominateur  du  taux  d’endettement s’est fortement contracté.  

Le troisième facteur aussi lié à l’impact négatif  de  la Covid-19,  est  la  faible  mobilisation des ressources conjuguée à de fortes  pressions  sur  les  dépenses  pour  faire  face  aux besoins sanitaires, sociaux et d’accompagnement du tissu économique. Il a donc fallu recourir  à des emprunts pour combler les besoins de financement. La combinaison  de ces  trois  facteurs  a induit une forte augmentation du taux d’endettement qui se situe à près de 70% du PIB à fin 2020.

Face à cette  situation  et  faisant  suite aux  instructions  de M. le Président de la République, une stratégie  de gestion  de la dette est en cours de mise en œuvre pour ramener  le taux d’endettement autour de 50% à moyen terme. Celle-ci vise quatre (4) aspects :

-L’audit des engagements de l’Etat;

-L’examen de toutes les options de reprofilage de la dette publique afin de desserrer la contrainte sur les recettes publiques courantes ;

-La relance économique qui vise une création de richesse plus importante permettant de générer les ressources budgétaires nécessaires pour honorer  nos  engagements et augmenter par la même occasion le Pib;       

-Le paiement régulier des échéances de dette publique.

L’impact significatif de la Task force

Parmi les actions de ladite stratégie, il y a eu la constitution d’une  une équipe multidisciplinaire (Task force) au début du troisième trimestre 2020. Afin d’avoir la certitude de payer la bonne dette, les travaux engagés par ladite équipe sont en cours d’achèvement.  L’objectif ultime est de permettre à l’Etat d’accompagner les opérateurs en payant  la vraie  dette pour relancer  l’activité  économique.  C’est  dans  cette dynamique que les créances de  montants inférieurs à 100 millions ont connu un début de paiement.

S’agissant particulièrement de la dette envers  les fournisseurs  et  prestataires  locaux, l’inflation des prétentions sur  cette dette sans commune  mesure  avec  les effets visibles  sur notre tissu économique a naturellement amené le Gouvernement à surseoir momentanément à son règlement. Le temps que la Task force finalise ses travaux dans le cadre  d’une  vérification exhaustive et  rigoureuse sur  ces moratoires de l’Etat.  Ce qui devrait déboucher sur un certain confort dans le paiement de la dette auditée.

FIN/INFOSGABON/SM/2020

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