Economie

Gabon : L’exemple de Jean Pierre Oyiba

Libreville, 1er mars 2013 (Infos Gabon) – Le scandale financier démasqué au Ministère gabonais des mines par la Commission Nationale de Lutte Contre l’Enrichissement Illicite(CNLCEI) et qui inonde la presse gabonaise depuis quelques jours prend des proportions qui rappellent en gravité l’affaire des détournements de fonds au bureau de la BEAC (Banque des Etats de l’Afrique Centrale) à Paris par des responsables de cette structure financière.

Dans l’affaire du détournement de 20 milliards au ministère gabonais des mines et du pétrole et des hydrocarbures, ce sont également des responsables de ce Ministère à l’époque des faits, à savoir il y a plus d’un an, qui sont accusés

Dans l’affaire de la BEAC, c’est la justice française qui avait pris les devants de la scène pour procéder aux instructions et enquêtes judicaires qui s’imposaient ; d’où qu’on s’interroge sur le mutisme de la justice gabonaise pourtant « déjà saisie par la CNLCEI » dans les formes des la loi qui institue cette commission et suivant l’article 22 du code pénal gabonais qui stipule que « toute autorité constituée, tout officier public fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit, est tenu d’en donner avis au Procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs » ; l’article 23 ajoute que « le Procureur de la République fait procéder à tous actes nécessaires à la recherche et à la poursuite des infractions à la loi pénale ».

Dans l’affaire de la BEAC , pour les besoins de l’enquête, la justice française avait cité à comparaître monsieur Oyiba, à l’époque en fonction à la Présidence de la République ; alors qu’il n’avait pas été cité comme accusé, monsieur Oyiba néanmoins que pour ne pas entacher l’image de la Présidence de la République gabonaise et de l’Etat gabonais tout entier, il fallait démissionner ; il agit certes en gentleman, mais surtout il est devenu une pratique dans les démocraties modernes que les membres du Gouvernement et autres dirigeants d’Etat démissionnent lorsqu’ils sont impliqués dans des scandales judiciaires.

Dans l’affaire du détournement au Ministère gabonais des mines et du pétrole, c’est l’image du Gouvernement qui est ainsi ternie et entachée aux regards de l’opinion nationale et internationale ; d’où que la démission du Ministre impliqué serait un montre de sens républicain visant à préserver l’image du Gouvernement gabonais et un geste honorable au crédit de sa propre personne.

En revanche, le silence affiché serait plutôt coupable car d’une part, s’il ne se reproche rien, le Ministre devrait apporter un démenti et même poursuivre en justice la presse pour diffamation ; d’autre part si le Ministre garde ce mutisme parce qu’il s’en remet à la suite à donner par les instances judiciaires, c’est qu’il reconnaît les faits publiés dans la presse.

Le comble dans cette affaire serait l’effet sensationnel d’une arrestation d’un Ministre en exercice comme au Cameroun voisin alors qu’il pourrait l’éviter en démissionnant du Gouvernement, ce qui de facto le ramènerait à l’assemblée nationale où il jouirait de l’immunité parlementaire et de la longueur de la procédure éventuelle de levée de son immunité !

Quant aux magistrats saisis de cette affaire que sont le Procureur de la République et ses adjoints et substituts, ils sont passible de déni de justice s’ils ne constatent pas le détournement des deniers publics au vu des pièces transmises par la CNLCEI sur l’ouverture d’un compte public d’un montant supérieur à 250.000 FCFA dans une banque privée (art 141 du code pénal) ; ce, contrairement à la loi de finances et ses mesures réglementaires (art 130).

FIN/INFOSGABON/CE/2013

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