Politique

Gabon : L’honorable Koho échapperait aux foudres de la justice ?

Libreville, 1er  mars 2013 (Infos Gabon) – Suite à l’agression dont il a été victime, Prosper Prince ZAMBAKAMIYE, directeur de la rédaction du journal « Gabon d’abord », objet de violence et autres séquestrations par les enfants de l’Honorable Koho au siège de l’Union des Femmes du Parti Démocratique Gabonais (UFPDG, au pouvoir), le journaliste a décidé de porter plainte contre l’honorable Koho, qui plus est secrétaire général adjoint du PDG en charge de l’UFPDG.

Cette affaire qui ne manque pas d’être indigne d’une famille aux affaires pose par ailleurs la problématique des instincts grégaires parmi l’élite du pays, ce serait inconcevable et montre d’une éducation inachevée.

Certes, les actes de violences et séquestrations n’auraient pas été commis personnellement par le député et responsable du parti au pouvoir au Gabon, mais le fait que les auteurs sont ses enfants qui auraient agi à la demande de leur mère en fait l’instigatrice.

En effet, le code pénal définit l’instigateur comme étant la personne qui sciemment fait commettre l’acte incriminé par un tiers ou incite à la commission d’un crime ou d’un délit.

En l’espèce l’honorable Koho a incité ses enfants à la commission de violences et séquestrations sur la personne d’un journaliste ; il s’agit de délits punis par les articles 230 et 250 du code pénal de deux mois à cinq ans d’emprisonnement et de cinq ans à dix ans pour la séquestration ; et le code pénal d’ajouter que « seront également punis aux mêmes peines que les auteurs, les instigateurs ».

L’honorable Koho encoure donc les mêmes peines que ses enfants auteurs des délits incriminés et dans cette affaire il y a même lieu d’écarter l’immunité parlementaire qui ne s’appliquerait en principe que lorsque le parlementaire est inquiété  en raison de ses opinions dans l’exercice de ses fonctions ; bref un autre débat sur lequel la conscience collective et notamment la conscience du député en cause devrait être édifiée par la justice.

Il n’est en effet pas du tout à exclure que l’honorable Koho puisse avoir pensé être protégé par son immunité parlementaire lorsqu’ « elle a envoyé ou instigué ses enfants » à commettre ses violences et séquestrations sur autrui ; ce qui pose le problème de l’application aveugle et institutionnelle de l’immunité parlementaire qui a un fondement politique et extrajudiciaire, à savoir, protéger le parlementaire dans ses opinion politiques ; mais comme on l’a vu avec l’affaire du sénateur accusé d’avoir commanditer un crime rituel, l’immunité parlementaire concernerait même les crimes et délits de droit commun !

FIN/INFOSGABON/CE/2013

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