Gabon : Logistique durable, les femmes au cœur de la transformation
Libreville, Samedi 31 Octobre 2026 (Infos Gabon) – La logistique est l’une des infrastructures invisibles de la puissance économique. Elle approvisionne les marchés, relie les territoires, soutient les industries et conditionne la compétitivité des entreprises. Mais à mesure que les villes s’étendent et que les exigences environnementales s’imposent, ce secteur doit repenser ses modèles.
Au Gabon, cette mutation pose également une question de gouvernance et d’égalité des chances. C’est autour de cette double exigence que s’est tenue, vendredi à Libreville, la deuxième édition du Déjeuner environnemental, consacrée au leadership féminin dans la construction d’une logistique urbaine et durable.
Organisée par l’ONG Développement durable et bien-être, en partenariat avec Women in Logistics Africa (WILA), la rencontre a réuni des professionnelles et des acteurs du secteur dans la salle de conférence d’Africa Global Logistics (AGL). Le thème retenu, « Le leadership féminin comme levier d’innovation dans la logistique urbaine et durable au Gabon », traduit une préoccupation qui dépasse la seule représentation des femmes. Il s’agit de déterminer comment leurs compétences, leur expérience et leur capacité d’innovation peuvent contribuer à transformer un secteur essentiel au fonctionnement de l’économie.
Un secteur stratégique face à ses mutations
La présidente du comité d’organisation, Pauline White, a appelé à repenser les systèmes de transport et de logistique autour de modèles plus performants, inclusifs et respectueux de l’environnement. L’enjeu est considérable. De l’acheminement des marchandises à l’approvisionnement des commerces, en passant par la distribution des produits essentiels, la logistique influence directement les coûts, les délais et la continuité de l’activité économique. Dans les centres urbains, elle doit aussi composer avec la congestion, la consommation énergétique, les émissions polluantes et la pression croissante sur les infrastructures.
La présidente d’honneur de cette édition, Sandrine Wamy, directrice générale d’Owendo Container Terminal (OCT), a rappelé le rôle structurant de la logistique dans les chaînes d’approvisionnement, les grands chantiers et la chaîne du froid. Cette dernière est particulièrement importante pour la conservation et la distribution des produits alimentaires et sanitaires. Son intervention a également porté sur la nécessité d’élargir l’accès des femmes aux métiers du secteur, aux postes de responsabilité, aux financements et aux espaces où se prennent les décisions.
« La compétence, l’innovation et le leadership ne sont pas une question de genre, mais de talent, de vision et d’opportunité », a-t-elle souligné. Une déclaration qui renvoie à un enjeu économique concret. La présence des femmes dans les fonctions opérationnelles, techniques et stratégiques ne peut se limiter à une ambition de représentation. Elle suppose des possibilités réelles de formation, de recrutement, de progression professionnelle et d’accès aux ressources nécessaires pour entreprendre.
De la sensibilisation aux actions concrètes
Pour Paule Valaine Nzang Ognane, coordinatrice générale du Déjeuner environnemental, cette initiative constitue un espace de dialogue, de sensibilisation et de partage d’expériences sur les enjeux du développement durable. Elle a insisté sur l’impossibilité de construire une économie durable sans associer pleinement les femmes aux décisions et aux transformations en cours. Les panels ont ainsi permis d’explorer les possibilités de collaboration entre professionnelles, entreprises, institutions et jeunes générations.
Cette dimension partenariale est déterminante. La modernisation de la logistique ne dépend pas uniquement des équipements ou des investissements. Elle repose aussi sur la qualité de la formation, l’innovation dans les méthodes de gestion, la coordination entre les acteurs et l’intégration des impératifs environnementaux dans les décisions quotidiennes. Une logistique plus durable suppose notamment de mieux organiser les flux, de limiter les déplacements inutiles, d’améliorer l’efficacité énergétique et de réduire les pertes dans les circuits de distribution.
La rencontre de Libreville met ainsi en lumière deux transformations qui doivent avancer ensemble. D’une part, la nécessité de rendre la chaîne logistique plus efficace et moins coûteuse pour l’économie gabonaise. D’autre part, celle de faire évoluer l’accès aux responsabilités dans un secteur encore largement associé à des métiers techniques et opérationnels où les femmes doivent pouvoir prendre toute leur place.
Le véritable indicateur de réussite ne sera donc pas seulement la tenue de rencontres ou la multiplication des discours sur le leadership féminin. Il résidera dans les partenariats noués, les opportunités professionnelles ouvertes, les financements accessibles et les initiatives environnementales effectivement mises en œuvre. Le Gabon ne pourra construire une logistique compétitive et durable en laissant une partie de ses compétences à l’écart. L’inclusion des femmes n’est pas un supplément d’image à la transition écologique. Elle constitue l’une des conditions de sa réussite économique et sociale.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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