Gabon : Port-Gentil passe à l’exécution
Libreville, Jeudi 24 Septembre 2026 (Infos Gabon) – À Port-Gentil, la question n’est plus seulement de multiplier les projets, mais de savoir comment les conduire jusqu’à leur réalisation. Par arrêté n°003 du 14 septembre 2026, le Vice-Président du Gouvernement, Hermann Immongault, a officiellement institué le Comité de Pilotage, de Suivi et de Contrôle des Projets de la commune.
Placé sous son autorité et sous la tutelle technique du ministère de la Défense nationale, ce nouvel organe doit devenir le centre de coordination d’une ville appelée à entrer dans une séquence majeure d’investissements et de transformation urbaine.
L’enjeu est considérable pour la capitale économique. Les projets annoncés, engagés ou programmés dans les prochaines années représentent une occasion de réhabiliter les infrastructures, de soutenir l’activité économique et de redonner à Port-Gentil une capacité d’attraction à la hauteur de son poids historique dans l’économie gabonaise. Mais entre une décision publique et un ouvrage livré, il existe un espace où se jouent les retards, les surcoûts, les problèmes techniques et parfois l’absence de coordination. C’est précisément cet espace que le nouveau comité entend mieux contrôler.
Transformer les annonces en chantiers
La création de cette structure intervient dans un contexte particulièrement exigeant. Lors du Conseil des ministres tenu à Port-Gentil le 18 septembre, les autorités ont annoncé plusieurs investissements concernant notamment la voirie, la modernisation urbaine, l’eau, l’électricité, les marchés, la santé, le logement, la Foire municipale et la future Université Pierre-Louis Agondjo Okawé. L’ensemble des projets de relance annoncés pourrait, selon les projections communiquées à cette occasion, contribuer à la création d’environ 7 000 emplois directs et indirects.
Le gouvernement a parallèlement insisté sur une exigence devenue centrale dans la conduite de l’action publique à Port-Gentil. Chaque projet doit disposer d’un financement sécurisé, d’un calendrier précis, d’un responsable clairement identifié et d’indicateurs permettant d’en mesurer les résultats.
Le Comité de Pilotage, de Suivi et de Contrôle s’inscrit directement dans cette logique. Sa mission couvre la coordination des projets, leur suivi technique, administratif et financier, le contrôle du respect des normes et des cahiers des charges, mais aussi l’identification rapide des difficultés susceptibles de ralentir leur exécution.
Autrement dit, Port-Gentil cherche à renforcer ce qui manque souvent aux politiques d’investissement public. Une capacité permanente à suivre le projet après son annonce.
Une gouvernance qui rassemble les compétences
La composition du comité traduit cette volonté de décloisonnement. Pascal Houangni Ambouroue, maire de Port-Gentil, en assure la présidence. Il est assisté d’Arthur Mbina Nzamba et de Jean-Jaurès Ndong Zeh comme vice-présidents, tandis que Nestor Aworet exerce les fonctions de rapporteur, avec Hermelia Hayes née Mbadinga, Lucie Daker Arendengue et Pierre Rizogho Rousselot comme rapporteurs adjoints.
Mais l’intérêt du dispositif réside surtout dans sa composition élargie. Gouvernorat, services provinciaux, Cabinet privé de la Présidence, Génie militaire, Sapeurs-Pompiers, SEEG, Travaux publics, opérateurs économiques, Conseil des Sages et entreprises adjudicataires sont appelés à participer au suivi des opérations. Le Génie militaire doit notamment apporter son expertise technique, a annoncé mercredi le service Communication du Maire de Port-Gentil.
Cette architecture vise à réduire les angles morts. Un chantier peut être techniquement viable mais administrativement bloqué, financé mais retardé par une difficulté d’exécution, ou achevé sans répondre pleinement aux exigences initiales. La présence autour d’une même table des acteurs concernés doit permettre de faire remonter ces problèmes plus tôt et d’éviter qu’ils ne deviennent des blocages durables.
Cette logique n’est d’ailleurs pas théorique. Le comité avait déjà procédé en juin à des visites de terrain sur plusieurs projets financés notamment dans le cadre des PID, PIH et programmes de responsabilité sociétale des entreprises. Des retards et certaines insuffisances concernant la qualité, les fonctionnalités des ouvrages ou encore la situation administrative de travailleurs avaient alors été relevés par les équipes de suivi.
Le véritable test sera la livraison
C’est là que se situe le principal enjeu. La création officielle du comité ne constitue pas en elle-même une garantie d’accélération. Sa crédibilité dépendra de sa capacité à transformer les réunions de suivi en décisions, les alertes en corrections et les engagements contractuels en ouvrages effectivement livrés.
L’échéance de la Fête de la Libération prévue à Port-Gentil en 2028 ajoute une pression particulière. Plusieurs projets doivent être conduits dans un calendrier qui laisse peu de place aux retards successifs. Mais l’objectif ne peut pas être uniquement de préparer une échéance événementielle. Les infrastructures construites ou réhabilitées devront répondre aux besoins de la population bien après 2028.
La ville est ainsi placée devant une équation simple. Investir davantage ne suffit pas. Il faut mieux investir, mieux coordonner et surtout mieux exécuter. La décision de formaliser le comité intervient d’ailleurs alors que les autorités nationales ont fait de la relance de Port-Gentil un objectif explicite, avec l’ambition affichée d’en faire à nouveau un territoire d’investissement, de production, d’opportunités et d’emplois.
Le véritable indicateur de réussite sera donc visible dans les rues, les écoles, les réseaux d’eau et d’électricité, les routes, les équipements publics et les emplois créés. Port-Gentil n’a pas seulement besoin d’un portefeuille de projets. Elle a besoin d’une machine publique capable de les conduire jusqu’au bout.
Le nouveau comité aura précisément cette responsabilité. Entre l’annonce d’un investissement et sa réalité pour les citoyens, il devra devenir le lieu où les retards sont identifiés, où les responsabilités sont assumées et où les solutions sont imposées. À Port-Gentil, la nouvelle bataille du développement se jouera moins sur le volume des promesses que sur la capacité à livrer.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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