Gabon : Vieilles pièces CEMAC, un an pour éviter de perdre son argent
Libreville, Lundi 2 Novembre 2026 (Infos Gabon) – La réforme monétaire engagée par la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) entre dans une phase décisive. À compter du 1er novembre 2026, les pièces de monnaie des anciennes gammes, émises entre 1958 et 1985, perdent leur cours légal dans les six pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Mais contrairement aux rumeurs qui circulent dans les commerces et sur les réseaux sociaux, cette échéance ne signifie pas que les détenteurs doivent jeter leurs pièces ou qu’elles deviennent immédiatement sans valeur. Un dispositif transitoire d’échange a été prévu jusqu’au 31 octobre 2027.
La confusion est déjà perceptible sur le terrain. Des commerçants, transporteurs et petits détaillants refusent certaines pièces, par crainte d’une interdiction générale dès le 1er novembre. Cette réaction révèle les conséquences économiques que peut provoquer une information mal comprise, particulièrement dans les économies où les transactions quotidiennes reposent encore largement sur les espèces. Pour les ménages modestes comme pour les petits opérateurs, une pièce refusée représente une somme immobilisée, même lorsqu’elle peut encore être échangée.
La BEAC entend donc distinguer deux notions essentielles. À partir du 1er novembre 2026, les anciennes pièces concernées ne pourront plus être utilisées pour régler les achats et les services. Elles perdent leur cours légal et leur pouvoir libératoire, ce qui signifie que les commerçants ne sont plus tenus de les accepter. En revanche, leurs détenteurs disposent encore d’un délai pour les convertir en pièces des gammes récentes, notamment celles de 2006 et de 2024.
Deux étapes pour organiser le retrait
Le calendrier établi par la banque centrale prévoit une première période, du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027, durant laquelle les échanges pourront être effectués aux guichets de la BEAC, dans les établissements de crédit et auprès des institutions de microfinance participantes. Cette pluralité de points de service doit permettre aux populations de procéder à l’opération sans devoir systématiquement se rendre dans une agence de la banque centrale.
La seconde phase, du 1er août au 31 octobre 2027, sera plus restrictive. Seuls les guichets de la BEAC continueront à assurer les échanges. À partir du 1er novembre 2027, le délai sera définitivement clos et aucune conversion ne sera plus possible. Les détenteurs ont donc intérêt à ne pas attendre les derniers mois, au risque de se heurter à des difficultés d’accès ou à un afflux de demandes.
La confiance monétaire en question
La réforme ne concerne pas toutes les pièces en circulation. Les monnaies des gammes 2006 et 2024 conservent pleinement leur cours légal et leur pouvoir libératoire. Elles restent donc valables pour les transactions au Gabon, au Cameroun, au Congo, en République centrafricaine, en Guinée équatoriale et au Tchad. Les commerçants ne peuvent pas assimiler ces pièces récentes aux anciennes séries visées par le retrait.
Au-delà de l’opération technique, cette transition pose un enjeu de confiance. Une réforme monétaire mal expliquée peut désorganiser les échanges de proximité, pénaliser les populations les moins informées et alimenter des refus injustifiés. La responsabilité de la BEAC consiste donc autant à organiser le retrait qu’à rendre ses modalités compréhensibles et accessibles dans les six États membres.
Les banques, les institutions de microfinance, les administrations et les organisations professionnelles ont également un rôle à jouer dans la diffusion de l’information. Les citoyens doivent, de leur côté, privilégier les communications officielles plutôt que les messages non vérifiés relayés sur les réseaux sociaux.
Le calendrier est désormais connu. Il reste à faire en sorte que chaque détenteur puisse exercer son droit à l’échange dans les délais prévus. Une réforme monétaire ne réussit pas seulement lorsqu’une ancienne gamme disparaît de la circulation. Elle réussit lorsque cette transition s’effectue sans perte injustifiée pour les citoyens et sans rupture de confiance dans la monnaie commune.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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