Gabon : Voie de contournement d’Okala, le gouvernement face aux revendications des riverains
Libreville, Jeudi 29 Octobre 2026 (Infos Gabon) – Le prolongement de la voie de contournement d’Okala-Delta continue de susciter des inquiétudes parmi les populations concernées par les opérations de libération des emprises. Réunis le mardi 27 octobre sous l’égide de la gouverneure de l’Estuaire, Marie Françoise Dikoumba, plusieurs membres du gouvernement ont renoué le dialogue avec le collectif des riverains, dans une rencontre présentée comme constructive, malgré des désaccords persistants sur les indemnisations et les délais de départ.
Au cœur des discussions, la question des compensations financières cristallise les tensions. La présidente du collectif, Pascaline Pata, a estimé que les montants proposés demeuraient insuffisants pour permettre aux familles de quitter les espaces concernés dans des conditions acceptables. Elle a reconnu que de nombreux occupants ne disposent pas de titres fonciers, tout en appelant les autorités à tenir compte de leur situation et à consentir un effort supplémentaire. Derrière ce débat administratif se joue une réalité sociale, celle de ménages qui doivent retrouver un logement et réorganiser leur quotidien dans un calendrier contraint.
Autre point sensible, l’échéance du 4 novembre, que les riverains souhaitent voir repoussée. Les difficultés sont particulièrement importantes pour les familles locataires, qui doivent coordonner leur départ avec leurs bailleurs et trouver une solution de relogement. Le ministre de l’Habitat, Mays Mouissi, a salué le respect manifesté par les populations au cours des échanges et annoncé son engagement à faciliter l’obtention gratuite de titres fonciers. Il a toutefois rappelé l’importance de la date fixée, tout en promettant de transmettre à la plus haute autorité de l’État la demande d’un éventuel réaménagement du calendrier.
Cette ouverture laisse entrevoir une possibilité de discussion, sans garantir à ce stade un report de l’échéance. Pour les habitants, l’enjeu est de disposer d’un délai réaliste et de compensations leur permettant de faire face aux conséquences du projet. Pour les pouvoirs publics, il s’agit de concilier les exigences d’un chantier routier avec la prise en compte des personnes directement affectées.
La question scolaire a également été abordée. Dès le mercredi 28 octobre, des responsables du ministère de l’Éducation nationale se sont rendus dans plusieurs établissements de la zone, notamment à l’école publique d’Okala, afin d’organiser le transfert des élèves concernés. Cette démarche vise à éviter que les déplacements liés aux travaux ne se traduisent par une rupture dans la scolarité des enfants.
Parallèlement, le processus d’indemnisation se poursuit. Les chèques destinés aux familles impactées doivent être remis le jeudi 29 octobre au gouvernorat de l’Estuaire. Les familles contraintes de procéder à l’exhumation de leurs défunts ont, pour leur part, déjà reçu leurs indemnisations.
Au-delà du chantier, le dossier d’Okala met à l’épreuve la capacité des autorités à conduire un aménagement public tout en préservant les droits et la dignité des populations concernées. La poursuite du dialogue sera déterminante pour réduire les tensions. Car la réussite d’une infrastructure ne se mesure pas uniquement à l’avancement des travaux, mais aussi aux conditions dans lesquelles ceux qui en subissent les conséquences peuvent envisager la suite de leur vie.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
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