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Kofi Annan : Un héritage plein d’enseignement

Libreville, Dimanche 19 Août 2018 (Infos Gabon) – L’ancien secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, d’origine ghanéenne, décédé le 18 août 2018 à l’âge de 80 ans, à Berne, en Suisse, laisse un riche patrimoine à la postérité.

Né le 8 avril 1938 à Kumasi au Ghana, Kofi Annan a tiré sa révérence le 18 août 2018 dans un hôpital de Berne en Suisse. Il fut de son vivant le 7e secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) de 1997 à 2006. Arrivé au sein de cette organisation en 1962 comme fonctionnaire d’administration et du budget, il y occupera d’importants postes durant sa longue et riche carrière.

Il a ainsi été en poste à la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, à Addis-Abeba en Éthiopie, à la Force d’urgence des Nations unies (FUNU II) à Ismailia, au haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Genève, puis au Siège des Nations unies à New-York, comme sous-secrétaire général à la gestion des ressources humaines et coordonnateur des Nations unies pour les questions de sécurité (1987-1990). Avant d’être par la suite sous-secrétaire général à la planification des programmes au budget et à la comptabilité, puis contrôleur de 1990 à 1992.

Au lendemain de l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990, le diplomate ghanéen reçoit du secrétaire général pour mission spéciale d’organiser le rapatriement de l’Irak de plus de 900 fonctionnaires internationaux et ressortissants de pays occidentaux. Il dirigera par la suite la première équipe des Nations unies chargée de négocier avec l’Irak sur la question de la vente du pétrole pour financer l’aide humanitaire. Puis, il accède en 1993 au poste de sous-secrétaire général en remplacement de l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali. Informé de ce qu’un génocide était en préparation au Rwanda, il alerta le monde entier en proposant une stratégie visant à éviter une tragédie à ce pays des grands Lacs.

Elu trois ans plus tard à la tête de l’ONU, il entamera son premier mandat comme secrétaire général de l’ONU le 1er janvier 1997. Sur recommandation du Conseil de sécurité, il sera réélu le 29 juin 2001 par acclamation de l’Assemblée générale de l’ONU pour un nouveau mandat. Il quittera l’auguste institution avec le sentiment d’une mission bien accomplie.

Entre autres faits d’arme, les Africains garderont surtout de ce diplomate expérimenté et fin négociateur dans l’âme, sa forte implication en vue de la résolution pacifique du différend frontalier entre le Cameroun et le Nigeria sur la péninsule de Bakassi. Ses efforts en faveur d’un monde mieux organisé et plus pacifique lui vaudront le 10 décembre 2001 le prix Nobel de la paix. «J’ai essayé de placé l’être humain au centre de tout ce que nous entreprenons : de la prévention des conflits au développement et aux droits de l’Homme», avait-il déclaré.

En faisant ses adieux au monde entier en décembre 2006 avant de céder son siège au Sud-coréen Ban Ki-moon, il a dénoncé la politique des États-Unis en les appelant à suivre la voie du multilatéralisme en acceptant notamment l’élargissement du Conseil de sécurité et à respecter les droits de l’Homme «jusque dans sa lutte contre le terrorisme». Il a ainsi repris une formule historique de l’ancien président américain Harry Truman selon laquelle : «la responsabilité des grands États est de servir et non pas de dominer les peuples du monde».

Après son départ du palais de Manhattan, Kofi Annan ne sera pas au chômage. Après une riche carrière diplomatique, il ne nourrira non plus des ambitions présidentielles dans son Ghana natal.

Contrairement aux prétentions de nombre de fonctionnaires internationaux africains qui ont toujours pensé que le fauteuil présidentiel constitue un point de chute indiqué. Suivez notre regard ! Mais, il sera nommé le 14 juin 2007 à la tête de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), organisme un an plutôt et financé par la Fondation Bill-et-Melinda-Gates et la Fondation Rockefeller, regroupant des dirigeants politiques, des hommes d’affaires, des agriculteurs et des chercheurs. L’objectif étant d’aider les paysans africains à améliorer leur rendement.

Il deviendra le 4 octobre 2007 le nouveau président de la Fondation de soutien à l’Organisation mondiale contre la torture, la plus importante coalition internationale d’ONG actives dans la protection des droits de l’homme dans le monde (regroupant 282 membres dans 92 pays). Il présidait également, à partir de sa création en 2007, l’African Progress Panel, qui rassemble de personnalités internationales. Notamment Tony Blair, Bob Geldof et Michel Camdessus, engagées dans la défense du continent africain et chargées du suivi des engagements du sommet du G8 de Glen eagles de 2005.

Kofi Annan était aussi membre du Comité d’honneur de la Fondation Chirac à son lancement en 2008 par l’ancien président de la République française, Jacques Chirac. Il a participé au jury du Prix pour la prévention des conflits que cette fondation décerne annuellement. Il a également créé la Kofi Annan Foundation, consacrée au développement durable et à la paix. Il fait partie du groupe des Global Elders, les anciens, ou sages, universels, créé par Nelson Mandela afin de promouvoir la paix et les droits de l’homme dans le monde. Le 23 février 2012, il est nommé émissaire conjoint de l’Organisation des Nations unies et la Ligue arabe sur la crise en Syrie. Le 2 août 2012, il annoncera sa démission de son poste de médiateur de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie.

Hommage de la communauté internationale à Kofi Annan

«Il était plus qu’un modèle», Ali Bongo Ondimba, président du Gabon.

«Kofi Annan s’en est allé. Il a voué sa vie à la paix et à la concorde entre les peuples. Il a rendu fier notre continent en tant que SG de l’ONU et Prix Nobel de la paix. Pour moi, il était plus qu’un modèle, un illustre ainé. Son héritage continuera de nous inspirer».

«Il a considérablement contribué au renom du Ghana», Nana Akufo-Addo, président du Ghana.

«Il a considérablement contribué au renom de notre pays par sa position, par sa conduite et son comportement dans le monde».

«Il a dirigé l’ONU avec dignité», Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU.

«Une force qui guidait vers le bien. De bien des manières, Kofi Annan incarnait les Nations unies. Il est sorti des rangs pour diriger l’organisation vers le nouveau millénaire avec dignité et une détermination sans égales».

«Il avait un regard calme et résolu», Emmanuel Macron, président de la République française.

«Kofi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU et prix Nobel de la Paix, a quitté ce monde pendant la nuit. La France lui rend hommage. Nous n’oublierons jamais son regard calme et résolu, ni la force de ses combats».

«Un grand leader réformateur de l’ONU», Theresa May, Premier ministre britannique.

«Un grand leader et réformateur de l’ONU. Je suis triste d’apprendre la mort de Kofi Annan, grand leader et réformateur de l’Onu. Il a contribué à rendre ce monde meilleur. Mes pensées et mes condoléances à sa famille».

«Il nous reste son héritage», Pedro Sanchez, chef du gouvernement espagnol.

«Kofi Annan nous laisse mais il nous reste son héritage pour continuer à travailler en faveur de la paix et la sécurité et renforcer la défense des droits de l’homme».

FIN/INFOSGABON/PM/2018

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