L’Afrique face à un choix : signer ou survivre
Libreville, Vendredi 15 Août 2025 (Infos Gabon) – Un traité international pourrait geler la croissance industrielle du continent pour des décennies.
À Genève (Suisse), pendant que 185 pays discutent d’un traité international pour limiter la production de plastiques à usage unique, l’Afrique joue, sans toujours le réaliser, une partie décisive pour son avenir économique. Derrière les nobles intentions environnementales, ce texte pourrait devenir un outil de freinage massif pour l’industrialisation et la souveraineté énergétique du continent.
Ce n’est pas un hasard si la Chambre africaine de l’énergie (AEC) tire la sonnette d’alarme. Le traité, s’il était signé, frapperait directement au cœur l’industrie pétrochimique africaine. Un secteur qui, loin des clichés, n’est pas seulement synonyme de barils et de gazoducs : il est la clé de voûte de la création d’emplois, de l’essor industriel, de la sécurité alimentaire et même de l’accès aux soins, tant la pétrochimie fournit des matériaux essentiels à la santé et à l’agriculture.
Les pays comme le Gabon, le Ghana, l’Angola, le Sénégal ou la Tanzanie ont compris que leurs ressources énergétiques sont un tremplin vers la prospérité. Terminal GNL de Cap Lopez, complexe pétrochimique de Jomoro, raffinerie SOGARA modernisée, projet GTA au Sénégal, méga-usine d’engrais en Tanzanie… Autant de chantiers à plusieurs milliards qui dessinent un futur où l’Afrique ne serait plus spectatrice mais actrice de sa croissance. Et c’est précisément ce futur que ce traité menace.
Les grandes puissances, elles, ont bâti leur industrialisation sur l’exploitation intensive des hydrocarbures et des produits dérivés. Aujourd’hui, elles demandent aux nations africaines de renoncer à ces leviers… au nom d’objectifs environnementaux qui ne tiennent pas compte des réalités locales.
Le président exécutif de l’AEC, NJ Ayuk, le dit sans détour : « Soutenir ce traité reviendrait à se tirer une balle dans le pied. » Il a raison. L’Afrique ne peut pas se permettre de sacrifier son développement sur l’autel d’un accord qui servirait surtout les intérêts des économies déjà industrialisées.
Oui, il faut lutter contre la pollution plastique. Mais pas en condamnant les pays émergents à rester dépendants, vulnérables et incapables de financer leurs propres transitions énergétiques. Le véritable combat, c’est de construire une industrialisation responsable, pas de signer un texte qui pourrait devenir la plus grande manœuvre de freinage économique du continent depuis la décolonisation.
L’Afrique doit dire non. Pas par refus de protéger la planète, mais par refus de se condamner elle-même.
FIN/INFOSGABON/SO/2025
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