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Lutte contre le virus Ebola : Un laboratoire va recevoir des échantillons au Gabon

Libreville, Mardi 19 Juin 2018 (Infos Gabon) – Ce centre implanté à Franceville a pour mission de réceptionner les échantillons de la maladie en provenance de la République démocratique du Congo (RDC) et assure une veille active et passive.

La ville de Franceville, chef-lieu de la province du Haut-Ogooué, abrite désormais l’un des deux seuls laboratoires en Afrique avec le centre de recherches de Johannesburg en Afrique du Sud spécialisés dans le traitement des virus les plus dangereux dont le virus à fièvre hémorragique Ebola.

Communément appelé «P4» par les chercheurs, ce laboratoire est implanté bien à l’écart des bâtiments principaux du Centre international de recherches médicales de Franceville (CIRMF). Nul n’accède à ce lieu hautement délicat et hypersécurisé s’il n’est pas du milieu. Il faut montrer patte blanche pour entrer dans cette enceinte placée sous vidéosurveillance et entourée d’une clôture électrique.

« Seules quatre personnes, trois chercheurs et un technicien, sont autorisées à pénétrer dans le P4 », via un badge d’accès dédié, explique le docteur Illich Mombo, virologue et responsable de ce laboratoire. Il est interdit de le photographier ou de le filmer.

Les chercheurs autorisés à y accéder doivent revêtir une combinaison de protection des pieds à la tête qui sera détruite, une fois son travail terminé. «Même l’air qu’on respire est filtré», affirme-t-il. Toutes ces mesures draconiennes de protection visent à éviter tout risque de contamination aux effets potentiellement dévastateurs.

De l’avis des chercheurs, lorsque le virus a été «inactivé», il passe avec d’infimes précautions du P4 vers d’autres laboratoires du CIRMF où sera déterminée avec une extrême précision sa nature. Ceci grâce à un matériel moderne et performant dont disposent peu de laboratoires dans le monde.

« Entre l’arrivée d’un échantillon suspect et le rendu des résultats du diagnostic, il faut en moyenne de 24 à 48 heures », explique le Dr Illich Mombo.

A en croire Jean-Sylvain Koumba, directeur général du CIRMF, face aux ravages de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) et aux risques possibles d’extension à d’autres pays d’Afrique centrale, des équipes ont été mises en alerte au Gabon pour recevoir des échantillons suspects. Ce colonel de l’armée gabonaise et médecin militaire explique également que la structure qu’il dirige est en partenariat avec l’OMS.

« Nous sommes un centre collaborateur de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS, ndlr) pour l’Afrique centrale. L’OMS nous a contactés pour que nous soyons prêts à recevoir des échantillons de la RDC, actuellement traités par l’Institut national de recherches biomédicales de Kinshasa», souligne-t-il.

Pour ne pas sombrer dans l’attentisme, le centre de Franceville, selon Gaël Darren Maganga, coresponsable de l’unité Emergence des maladies virales du CIRMF, effectue le diagnostic sur les virus, il maintient une activité de « veille passive et active ». «La veille passive consiste à aller faire un prélèvement sur un animal mort à la suite d’une sollicitation, la veille active à aller nous-mêmes sur le terrain faire des recherches et des prélèvements», lance-t-il.

A en croire le Dr Maganga, les équipes du CIRMF, où exercent et vivent 150 personnes, sont consacrées à 60% à la recherche et s’intéressent aussi de très près aux chauves-souris, présentées comme un « réservoir potentiel du virus Ebola ». Ces animaux sont régulièrement capturés pour effectuer des prélèvements des échantillons de salive, de matières fécales et de sang.

« Cela reste des hypothèses, mais la transmission à l’homme peut se faire par contact direct, par exemple des griffures dans des grottes, ou par manipulation des grands singes infectés à la suite de la consommation des fruits contenant la salive des chauves-souris », souligne-t-il.

A l’initiative du défunt président Omar Bongo Ondimba, le CIRMF a été créé en 1979 dans le but d’étudier l’hypofécondité au Gabon avant d’étendre ses activités à la recherche contre le sida, le paludisme, le cancer, les virus et les maladies tropicales négligées qui, selon l’OMS, affectent un milliard de personnes dans le monde. Ses charges de financement sont supportées par l’État gabonais et la coopération française. Sa renommée fait courir étudiants, stagiaires et chercheurs des quatre coins de la planète.

FIN/INFOSGABON/PM/2018

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