Pas des grumes du Gabon dans Modern Express
Libreville, Mardi 2 Février 2016 (Infos Gabon) – « Le roulier est en règle. Il transporte bien du bois débité, et non des grumes », a assuré mardi la préfecture maritime de l’Atlantique comme indiqué au départ à propos du contenu de Modern Express, un cargo immatriculé au Panama, qui transportait du Gabon vers Le Havre (France) avant de rallier Anvers, en Belgique, 3 600 tonnes de bois et des engins de travaux, resté près d’une semaine en mer après avoir émis un signal de détresse à 280 km au nord-ouest de l’Espagne, et glissé d’un côté, rapporte la presse française.
A en croire la préfecture maritime de l’Atlantique, Modern Express, remorqué actuellement au large des côtes landaises en direction de Bilbao (Espagne), ne transporte pas des grumes. Ce qui vient donner des précisions sur la nature du bois transporté et mettre fin à la polémique engendrée par cette situation.
En effet, le 5 novembre 2009, le Gabon a décidé d’arrêter d’exporter les grumes pour favoriser la transformation locale de ses essences forestières en vue de créer davantage de richesse nécessaire à juguler le chômage notamment des jeunes et des femmes et d’exporter des produits finis et semi-finis à forte valeur ajoutée. La décision est entrée en vigueur dès janvier 2010. Donc, découvrir des grumes exportés dans un navire à destination de l’Europe devrait susciter des interrogations.
Selon un expert des forêts, le trafic de bois illégal existe en Afrique. Mais c’est plus en direction de l’Asie et non de l’occident. Les Chinois, les Libanais, les indonésiens sont cités comme acteurs. Quelques Européens aussi.
Le Gabon, qui s’est inscrit dans la préservation de l’environnement, notamment la forêt et la lutte contre le braconnage, a renforcé sa législation en la matière. Et des sanctions ne manquent pas de tomber. En fin novembre 2015, plusieurs hauts fonctionnaires gabonais, dont un ancien ministre des Eaux et Forêts et actuel Conseiller du président de la République, ont été entendus ou placés en garde à vue dans une affaire de trafic de bois précieux, le kevazingo, une des essences du bois gabonais qui se vend cher en Asie.
Dans le cadre de la lutte contre l’exploitation illégale de ce bois rare, plus de vingt personnes, dont plusieurs Chinois et deux directeurs provinciaux des Eaux et Forêts en poste dans le nord du pays avaient été arrêtées près de Makokou (nord-est) en début novembre de cette même année.
Et pour procéder à un inventaire de la ressource et mieux la protéger, la ministre de la Protection de l’Environnement et des forêts, Flore Mistoul, a décidé fin novembre « de suspendre provisoirement et à titre conservatoire l’exploitation de kevazingo sur tout le territoire ».
Pays d’Afrique centrale, le Gabon est une forêt, avec plus de 80% de son territoire recouvert par l’immense forêt du bassin du Congo, le deuxième poumon de la planète après l’Amazonie. Il fait figure d’exception parmi les pays exportateurs de bois : entre 2000 et 2010, le pays n’a perdu que 0,04% de forêts, quand le bassin amazonien ou l’Asie du Sud-est coupaient leurs arbres dix fois plus rapidement. Du 4 au 15 mai 2015, le Gabon préside le forum des Nations unies sur les forêts, affirmant ainsi sa volonté de devenir un leader mondial sur le sujet. Le deuxième secteur économique, en poids dans le PIB, est celui du bois, qui représente 13 % des exportations et 60 % des recettes d’exportation hors pétrole. C’est, après l’État, le premier employeur du pays, avec 28 % de la population active. Il y a une soixantaine d’essences de bois exploitées, l’okoumé et l’ozigo étant les deux principales. Le Gabon est le second producteur mondial d’okoumé (après le Cameroun) et le premier exportateur mondial.
FIN/INFOSGABON/RI/2016
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