Présidentielle au Congo : 2,6 millions d’électeurs aux urnes dans un scrutin dominé par Sassou N’Guesso
Libreville, Dimanche 15 Mars 2026 (Infos Gabon) – Une journée électorale décisive au Congo Brazzaville où les électeurs sont appelés à départager sept (7) candidats.
Les citoyens de la République du Congo sont appelés aux urnes ce dimanche 15 mars 2026 pour choisir celui qui dirigera le pays durant les cinq prochaines années. Dès les premières heures de la matinée, les opérations de vote ont démarré sur l’ensemble du territoire.
Au total, 2,64 millions d’électeurs inscrits sur les listes électorales sont invités à se prononcer dans 6 620 bureaux de vote répartis dans 4 011 centres électoraux, installés dans les douze départements que compte le pays. Les bureaux doivent rester ouverts jusqu’à 18 heures, heure à laquelle débutera le dépouillement des suffrages.
Cette élection présidentielle, qui mobilise les institutions électorales et les forces de sécurité, constitue un moment clé pour l’avenir politique et économique du pays.
Les forces de sécurité ont voté par anticipation
Avant le vote des civils, une première étape du processus électoral s’est déroulée le 12 mars avec la participation des membres des forces de défense et de sécurité.
Les militaires, gendarmes et policiers ont ainsi voté de manière anticipée afin de pouvoir assurer la sécurité du scrutin le jour J. Selon les estimations officielles, près de 60 000 électeurs issus des forces publiques ont pris part à ce vote anticipé.
Cette organisation vise à garantir le bon déroulement des opérations électorales sur l’ensemble du territoire.
Sept candidats en lice pour la magistrature suprême
Sept candidats se disputent la présidence de la République. Parmi eux figure le chef de l’État sortant, Denis Sassou N’Guesso, qui brigue un nouveau mandat.
Âgé de 82 ans, l’homme fort de la politique congolaise domine la scène nationale depuis plusieurs décennies. Il a dirigé le pays une première fois entre 1979 et 1992 avant de revenir au pouvoir en 1997.
Face à lui, six autres candidats tentent de convaincre les électeurs. Il s’agit de Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, Anguios Nganguia Engambé, Dave Mafoula, Vivien Manangou, Zinga Mabio Mavoungou et Melaine Destin Gavet Eléngo.
Toutefois, selon de nombreux observateurs politiques, le président sortant apparaît comme le grand favori du scrutin, les autres candidats disposant d’une implantation politique plus limitée.
Une campagne axée sur l’économie et les infrastructures
Durant les deux semaines de campagne électorale, les candidats ont parcouru plusieurs régions du pays pour présenter leurs programmes et tenter de convaincre les électeurs.
Les meetings se sont achevés vendredi soir, conformément au calendrier électoral. Le président sortant a notamment clôturé sa campagne dans la capitale, Brazzaville.
Les programmes présentés par les candidats ont largement porté sur la relance économique et la modernisation des infrastructures. Plusieurs propositions ont été mises en avant, notamment : la réhabilitation du chemin de fer Congo-Océan, infrastructure stratégique reliant Brazzaville au port de Pointe-Noire ; la construction de nouvelles routes et de corridors économiques, dont le corridor 13 ; l’amélioration de la gestion des finances publiques ; le développement de l’agriculture et de l’industrialisation.
Ces promesses interviennent dans un contexte économique délicat. Malgré ses ressources pétrolières importantes, la République du Congo fait face à de fortes inégalités sociales. Selon plusieurs estimations internationales, près de la moitié de la population, évaluée à environ 6,6 millions d’habitants, vit sous le seuil de pauvreté.
Un processus électoral en plusieurs étapes
Une fois les bureaux de vote fermés, les opérations de dépouillement doivent commencer immédiatement dans chaque centre électoral.
Les résultats seront affichés à l’entrée des bureaux de vote avant d’être transmis successivement aux commissions locales, puis aux commissions départementales, avant leur centralisation au niveau national pour la proclamation officielle.
Le système électoral congolais prévoit qu’un candidat doit obtenir plus de 50 % des suffrages exprimés pour être élu dès le premier tour. Dans le cas contraire, un second tour devra être organisé dans un délai de 21 jours entre les deux candidats arrivés en tête.
Un scrutin suivi de près
Au-delà de l’enjeu politique, cette élection est observée avec attention par les partenaires régionaux et internationaux du pays.
Plusieurs partis d’opposition qui n’ont pas présenté de candidat ont choisi de ne pas appeler explicitement à soutenir un prétendant, invitant leurs sympathisants à voter selon leur conviction.
Dans un pays où la stabilité politique et la diversification économique restent des défis majeurs, le résultat de ce scrutin pourrait influencer l’orientation politique et économique de la République du Congo pour les années à venir.
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