Economie

Vie chère au Gabon : Les pistes de solution

Libreville, Lundi 16 Avril 2018 (Infos Gabon) – Le directeur général de la consommation et de la concurrence (DGCC), Emmanuel Eyeghe Nze a formulé une série de recommandations pour venir à but du phénomène à la faveur d’une conférence organisée samedi à Libreville par l’association Imagine Gabon.

Dans le cadre de ses conférences-débats, Imagine Gabon a choisi comme thématique centrale de samedi dernier la vie chère au Gabon. Dans la posture d’invité, Emmanuel Eyeghe Nze a exposé sur le thème : «Lutte contre la vie chère au Gabon : bilan et perspectives». Le directeur général de la concurrence et de la consommation (DGCC) a entretenu l’assistance sur les causes de ce phénomène, les avancées en matière de lutte entreprise par les pouvoirs publics et les perspectives.

D’entrée de jeu le conférencier a balayé cette opinion qui tend à penser que la vie chère est seulement le propre du Gabon. Graphiques et statistiques à l’appui, l’orateur a expliqué que 70% des ressources des ménages gabonais sont destinées à la consommation alimentaire, au logement, à la santé, au transport et à l’enseignement. Il explique cet état de choses par une faiblesse de l’offre domestique dans bon nombre de secteurs, un marché national parfois limité, des coûts élevés de certains facteurs de production, une multiplicité des taxes et des contrôles ainsi qu’une protection du marché.

Des facteurs auxquels s’ajoutent, une industrialisation locale assez faible, la non-utilisation des instruments de mesure pour les produits locaux, le non-respect de la réglementation de la fixation des prix surtout en matière de logement.

Loin d’être une fatalité, les pouvoirs publics ont mis en place un train de mesures pour surmonter la situation. Dans l’ordre des priorités, celles-ci portent sur la revalorisation de la prime de rentrée scolaire, l’instauration du salaire minimum de l’ordre de 150 000 francs CFA, une augmentation de la bourse des étudiants, une harmonisation de la prime de logement des agents publics, une hausse de la prime de transport de 18 000 à 35 000 francs et la construction des logement sociaux.

A l’heure du bilan, Emmanuel Eyéghé Nze a souligné dans son propos que dans la phase de sensibilisation, 1 513 commerces ont été visités et 1 580 structures commerciales contrôlées. Parmi eux, 509, soit 32.21%, respectent la réglementation en vigueur et 451 autres structures commerciales, soit 42.11% ne respectent pas les prix homologués. La deuxième phase de surveillance du marché a permis de contrôler 2 170 opérateurs économiques. 321 épiceries et 3 superettes se révèlent conformes et 189, soit 21.55% opérateurs économiques ont été verbalisés pour non-respect des prix homologués.

A en croire le directeur général de la concurrence et de la consommation, ces différentes opérations ne se sont pas déroulées sans anicroche. Il cite entre autres, l’insuffisance de moyens, la réticence et l’agressivité de certains opérateurs économiques, le retard dans la validation des grilles provinciales des prix.

Les opérateurs économiques ont quant à eux brillé par le non-respect de l’engagement d’homologation des prix des produits réemballées, les difficultés d’acheminement des produits vers les zones reculées, les circuits de distribution assez fermés pour certains produits de grande consommation comme le sucre et l’eau minérale, l’augmentation du tarif des carburants, les contrôles répétitifs et abusifs.

Dans les perspectives, l’exposant s’est voulu optimiste. En matière de logement par exemple, le directeur général de la DGCC recommande une viabilisation des terrains dans le but de réduire le coût des constructions, la multiplication des permis pour accroitre l’offre des matériaux de carrière, le lancement d’une vaste opération de régularisation des baux, le blocage des hausses des prix du loyer pendant cinq ans.

Au sujet du revenu, l’orateur a émis le vœu pour l’avènement d’un mécanisme d’indexation des revenus au coût de la vie et un minimum retraite. Il recommande aussi la réduction de la liste des produits exonérés des droits de douane.

La conférence s’est achevée par la phase de questions-réponses et une série de recommandations formulées à l’endroit du gouvernement.

FIN/INFOSGABON/SM/2018

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