Politique

Violences post-électorales au Gabon : La CPI ne viendra plus enquêter

Libreville, Lundi 24 Septembre 2018 (Infos Gabon) – La Cour pénale internationale s’est déclarée incompétente à lancer des poursuites contre les éventuels auteurs des événements malheureux qui ont suivi la présidentielle de 2016.

La dernière sortie de la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) est venue définitivement classer la possibilité d’une enquête de cette juridiction sur les violences post-électorales au Gabon. Fatou Bensouda ayant estimé que « les conditions juridiques justifiant l’ouverture d’une enquête dans la situation en République gabonaise ne sont pas remplies ». La magistrate a par la suite fait savoir qu’il n’existe pas de « base raisonnable qui permette de penser que les actes prétendument commis dans le contexte des violences post-électorales de 2016, que ce soit par des militants de l’opposition, ou par des forces de sécurité gabonaises, constituent des crimes contre l’humanité, tel que défini dans le Statut de Rome ».

Mme Bensouda fait savoir à cet effet que les éléments recueillis par la juridiction «ne permettent pas non plus d’établir que des crimes d’incitation au génocide aient pu être commis durant la campagne électorale».

Au sein de la classe politique gabonaise, l’on salue cette décision. Le gouvernement qui fin septembre 2016 avait saisi la CPI pour des « faits relevant de l’incitation à commettre le crime de génocide » de la part de certains opposants y voit une décision juste et courageuse. « Le gouvernement gabonais se réjouit de cette décision juste et courageuse de la CPI qui confirme la version des faits donnée par le gouvernement dans sa saisine de la CPI », a souligné Guy-Bertrand Mapangou.

Le ministre d’Etat en charge de la Communication et porte-parole du gouvernement a affirmé que le Gabon « réitère sa croyance en l’institution, au moment où elle est bousculée » par l’administration américaine.

L’opposition qui avait également fait pareil en invoquant des « crimes contre l’humanité » de la part des forces de sécurité sur ses membres, accepte cet abandon. « C’est une décision qui est dite en droit, donc je la comprends et je l’accepte », a lancé Jean Gaspard Ntoutoume Ayi. Mais, le commissaire national en charge du budget à l’Union nationale (UN, opposition) émet plutôt le vœu  de voir la justice gabonaise se saisir de cette affaire.

Car, «aujourd’hui la CPI ne conteste pas la réalité des massacres, au contraire elle confirme ». A son avis, il y a une « obligation morale, politique » et « judiciaire à ce que la lumière soit faite » sur ces malheureux événements.

FIN/INFOSGABON/PM/2018

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