Economie

Gabon : l’agro-industrie progresse timidement, portée presque seule par l’huile de palme

Libreville, Mercredi 11 Mars 2026 (Infos Gabon) – Au Gabon, l’activité agro-industrielle affiche une progression modérée mais demeure fortement dépendante d’un seul moteur : la filière de l’huile de palme.

Les dernières données publiées par la Direction Générale de l’Économie et de la Politique fiscale révèlent en effet une croissance encore fragile du secteur, marquée par des performances contrastées selon les branches d’activité.

Si certaines productions agricoles transformées poursuivent leur progression, d’autres segments connaissent un net ralentissement, confirmant les déséquilibres structurels qui caractérisent encore l’appareil agro-industriel du pays.

L’huile de palme, principal moteur de la production

Selon la dernière note de conjoncture économique, la production d’huile rouge a enregistré une hausse de 4,4 % au troisième trimestre 2025. Cette progression s’explique principalement par une amélioration de l’approvisionnement des unités de transformation, permettant aux installations industrielles de fonctionner de manière plus régulière.

Cette dynamique a permis à l’ensemble du secteur agro-industriel d’afficher une croissance globale estimée à 2,3 % sur la période.

Cependant, cette évolution reste nettement en deçà des performances observées au trimestre précédent, où la production avait bondi de 15,5 %, signe d’un ralentissement progressif de l’activité.

Dans un contexte où la filière palmier à huile occupe une place centrale dans l’économie agricole nationale, ces chiffres confirment une tendance bien connue : la vitalité de l’agro-industrie gabonaise dépend encore largement de cette seule chaîne de valeur.

Des performances inégales dans les autres segments

À côté de la filière huile de palme, plusieurs branches industrielles liées à l’agroalimentaire connaissent des difficultés.

La production d’eau minérale poursuit par exemple sa baisse pour le troisième trimestre consécutif, avec un recul de 10,1 %. Cette contraction pourrait s’expliquer par une combinaison de facteurs, notamment des fluctuations de la demande et des contraintes logistiques.

Le segment des boissons gazeuses et alcoolisées enregistre également une diminution de 4,6 %. Après une forte consommation observée au trimestre précédent, la demande semble avoir marqué le pas.

Même tendance du côté de l’industrie meunière. La production de farine de blé a reculé de 9,2 %, conséquence de perturbations dans l’approvisionnement en matières premières et d’un ralentissement de la consommation.

Une diversification encore limitée

Ces résultats mettent en évidence la structure encore fragile de l’agro-industrie gabonaise. Malgré les efforts engagés pour diversifier l’économie, la croissance du secteur reste étroitement liée à la performance d’un nombre limité de filières.

La dépendance à l’huile de palme illustre à la fois le potentiel agricole du pays et les limites actuelles de sa transformation industrielle.

Pour de nombreux observateurs, l’enjeu consiste désormais à élargir la base productive en développant d’autres chaînes de valeur agricoles : transformation des produits locaux, développement de l’agroalimentaire ou encore modernisation des infrastructures logistiques.

Un secteur stratégique pour l’économie gabonaise

L’agro-industrie constitue l’un des piliers sur lesquels les autorités souhaitent s’appuyer pour diversifier l’économie nationale, longtemps dominée par les hydrocarbures.

Dans ce contexte, le renforcement des capacités de transformation locale et la création de nouvelles filières pourraient jouer un rôle déterminant dans la création d’emplois et la valorisation des ressources agricoles du pays.

Mais les dernières données économiques rappellent une réalité : pour devenir un véritable moteur de croissance, le secteur agro-industriel gabonais devra encore surmonter plusieurs défis structurels et réduire sa dépendance à un nombre restreint de productions.

FIN/INFOSGABON/SO/2026

Copyright Infos Gabon

LIRE AUSSI Le Gabon parmi les économies les plus dynamiques de la CEMAC, mais les défis persistent

Related Posts

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *