Autonomisation au Gabon : 19 jeunes mères franchissent un cap
Libreville, Dimanche 12 Avril 2026 (Infos Gabon) – À Libreville, ce ne sont pas de simples chèques qui ont été remis. Ce sont des trajectoires de vie qui ont basculé. Le 9 avril 2026, dans l’enceinte de l’Université Omar Bongo, AFG Bank Gabon a concrétisé un engagement rarement aussi structuré : transformer la vulnérabilité sociale en opportunité économique.
Dix-neuf jeunes filles-mères ont ainsi reçu des financements allant de 500 000 à plus de 2 millions de francs CFA. Un geste fort, mais surtout l’aboutissement d’un dispositif pensé pour durer.
Du soutien à l’investissement : changer d’échelle
Dans un pays où la précarité des jeunes mères reste une réalité silencieuse, le programme « Osons le Changement » introduit une rupture. Ici, l’aide ne se limite pas à une assistance ponctuelle : elle devient un levier d’autonomisation.
Lancé en août 2025 par le Centre de Compétences Professionnelles et Entrepreneuriales Zita Oligui Nguema (CCPE’ZON), avec le soutien financier de AFG Bank Gabon, le programme repose sur une conviction simple : l’inclusion économique passe par la compétence autant que par le capital.
Pendant plusieurs mois, les bénéficiaires ont été formées à la gestion, à l’entrepreneuriat et à la structuration de projets. À la clé : un accompagnement personnalisé destiné à transformer une idée en activité viable.
Former, encadrer, financer : une approche intégrée
Ce qui distingue cette initiative, c’est sa cohérence. Formation, mentorat et financement ne sont pas dissociés. Ils s’inscrivent dans une même chaîne de valeur.
Pour Ghislain Mboumba, directeur général de la banque, l’objectif est clair : « inscrire cette action dans une logique d’accompagnement sur la durée ». Autrement dit, éviter l’écueil des programmes sans lendemain.
Du côté des bénéficiaires, le message est tout aussi lucide. Princesse Obame rappelle que « des financements existent, mais avec beaucoup de rigueur ». Une manière de souligner que l’autonomie implique aussi responsabilité et discipline.
Une réponse sociale et économique
Au-delà de l’émotion suscitée par la remise des chèques, l’initiative pose une question stratégique : comment transformer une population vulnérable en moteur de croissance ?
En soutenant des activités génératrices de revenus, le programme ne se contente pas de réduire la précarité. Il alimente l’économie informelle et formelle, stimule la création de micro-entreprises et favorise l’inclusion financière.
Ce modèle, adossé à une structure liée à la Première Dame, illustre une nouvelle forme de partenariat public-privé-social, où la banque devient un acteur de transformation sociétale.
Un signal au-delà des bénéficiaires
Ces 19 parcours individuels en disent long sur une évolution plus large. Le Gabon expérimente ici une politique d’impact : cibler des profils fragilisés, investir dans leurs capacités, et mesurer le résultat non seulement en termes sociaux, mais aussi économiques.
Le défi reste immense. Dix-neuf bénéficiaires ne suffisent pas à répondre à l’ampleur des besoins. Mais l’essentiel est ailleurs : dans la méthode.
Transformer l’essai
Le véritable test commence maintenant. Ces financements devront se traduire en activités durables, en revenus stables, en indépendance réelle. Car l’enjeu dépasse ces jeunes femmes. Il s’agit de démontrer qu’une autre approche est possible : une approche où l’aide ne crée pas de dépendance, mais construit de la capacité.
Dans un contexte où les politiques sociales sont souvent critiquées pour leur inefficacité, « Osons le Changement » propose une alternative crédible. À condition, désormais, de passer de l’expérimentation à l’échelle.
Car derrière chaque chèque remis, il y a une promesse. Celle d’un avenir reconstruit, et peut-être, d’un modèle à reproduire.
FIN/INFOSGABON/SO/2026
Copyright Infos Gabon

















